ErdoganDans un nouveau dérapage, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan, en répondant à la question d’un journaliste de la chaîne NTV, a lâché : “Certains ont dit que j’étais d’origine géorgienne. Encore plus laid, ils ont prétendu, pardon, que j’étais Arménien. Je suis Turc!”

Déjà en 2011, le Premier ministre avait déjà déclaré au sujet de son origine ethnique : “ils m’ont fait juif, Arménien, et je m’en excuse, Roum [Grec]”.

En 2004, lors d’une visite en Géorigie, il avait lui-même affirmé qu’il était issu d’une famille originaire de Batoum installée à Rize puis à Istanbul. La droite nationaliste lui reprochait depuis longtemps de ne pas affirmer haut et fort sa turcité. Tayyip Erdogan vient de le faire lors de l’émission : “je suis Turc”, a-t-il pris soin de préciser.

Lors d’un meeting récent, Erdogan avait demandé à Kemal Kiliçdaroglu, leader du principal parti d’opposition (CHP) de revendiquer sa confession alévie: “Kiliçdaroglu, toi, tu peux être alévi. Je te respecte. N’hésite pas, n’aie pas peur. Affirme-le sans crainte. Moi, je suis sunnite, je le dis aisément. On n’a pas besoin de tromper le peuple”.

Erdogan avait également lancé en direction de Selahattin Demirtas, leader du parti pro-kurde HDP et candidat présidentiel: “il est Zaza mais il trompe mes frères kurdes”.

L’autre prétendant à la magistrature suprême, Ekmeleddin Ihsanoglu, avait aussi été la cible d’Erdogan. “Il est né en Egypte, ce n’est pas un enfant de cette terre”, avait-il jeté en pâture à une foule en liesse.

Les observateurs estiment qu’Erdogan joue sur l’argument des identités pour consolider sa base électorale, plutôt nationaliste turque et conservatrice sunnite, afin de remporter le scrutin présidentiel dès le 1er tour. ll s’est néanmoins engagé à devenir le “président du peuple” et le “président des 76 millions de Turcs”… (Médias turcs, 6 août 2014)

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