“J’ai dit que nous étions arrivés à la fin. Que c’était devenu insupportable. Hier, l’opération a été menée et (la place Taksim et le parc Gezi) ont été nettoyés”, a lancé M. Erdogan sous les vivats de la foule, la plus importante rassemblée depuis le début de la crise qui secoue la Turquie.

“C’était mon devoir de Premier ministre”, a-t-il ajouté, arpentant de long en large l’immense estrade en bras de chemise.

“Nous n’abandonnerons pas cette place aux terroristes”, a insisté le dirigeant islamiste, en référence aux drapeaux ou aux banderoles de certains mouvements politiques interdits qui avaient été déployés sur la place Taksim.

Pendant près de deux heures d’un discours au ton accusateur, M. Erdogan a fustigé les médias internationaux complices des “terroristes”, le Parlement européen qui dépasse les “limites” et les “pillards” qui détruisent le pays.

Au même moment, des accrochages continuaient d’opposer les forces de l’ordre à des groupes de manifestants tout autour de la place Taksim. A plusieurs reprises, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour les empêcher d’approcher.

Pour la première fois depuis le début de la crise, des unités de gendarmerie sont venues renforcer la police, notamment en barrant l’entrée d’un des deux ponts qui enjambent le Bosphore pour empêcher les manifestants venus de la rive anatolienne de la ville de prêter main forte à ceux qui font le coup de poing côté européen.

A Ankara, la police a également dispersé à plusieurs reprises des centaines de personnes qui tentaient de se réunir sur la place Kizilay, le coeur de la contestation dans la capitale.

Partout, les manifestants ont assuré qu’ils ne baisseraient pas les bras. “Je n’abandonnerai pas”, a assuré à l’AFP Mey Elbi, une professeur de yoga de 39 ans délogée du parc Gezi. “Nous sommes en colère, tout ça n’est pas fini”, a-t-elle ajouté, “le monde a vu qu’ensemble, nous pouvions tenir tête à Tayyip”.

Sitôt connue la nouvelle de l’évacuation du parc, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Istanbul pour tenter de “reprendre” la place Taksim. Toute la nuit, la police est intervenue à grand renfort de gaz, de canons à eau et de tirs de balles en caoutchouc pour disperser la foule sur plusieurs artères de la ville.

Selon la coordination des manifestants, baptisée Solidarité Taksim, des “centaines” de personnes ont été blessées lors de l’opération.

Selon le dernier bilan du syndicat des médecins turcs publié plus tôt dans la semaine, 4 personnes sont mortes et près de 7.500 autres ont été blessées. (AFP, 17 juin 2013)

http://www.info-turk.be/418.htm#guerre

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