·         Ocalan: Trois propositions pratiques à destination du gouvernement

·         KNK: La Turquie s’apprête à porter la guerre au delà des frontières

·         KCK: Le gouvernement de l’AKP est responsable du regain de violence

·         L’armée turque brûle les forêts

·         Manifestation à Istanbul aux cris de "Paix, Justice, plus de sang, solution négociée"

·         Turquie : Fausse diplomatie et violence se conjuguent au quotidien

·         Le Monde: La rébellion kurde embarrasse aussi l’Iran

·        Lettre de Gülcihan Simsek

 
Ocalan: Trois propositions pratiques à destination du gouvernement
ANF 09.07.2010 – “Si les négociations ne commencent pas, la révolution va s’amplifier au Kurdistan. Le PKK ne peut être détruit par une armée professionnelle ou par des armes technologiques. Qui plus est, on risque d’assister à une escalade des conflits dans les villes. Dans ce cas, tout le monde va perdre, et surtout le gouvernement”, a déclaré le leader kurde Abdullah Öcalan.
Au cours de la visite de son avocat dans la prison de haute sécurité d’Imrali, Öcalan a également rappelé les conditions de base pour une solution: un cessez-le-feu bilatéral, la mise en place de commissions de vérité et de réconciliation, ainsi qu’un cadre législatif et des garanties constitutionnelles. Concernant les déclarations d’Ilker Basbug, chef d’Etat major de l’armée turque, qui, critiquant les députés du parti pro-kurde du BDP pour avoir assisté aux funérailles de guérilléros kurdes, leur a suggéré de quitter le parlement et d’aller dans les montagnes, Öcalan a dit : « Basbug se répète. C’est la répétition d’une tentative d’approche qui a échoué. »
 Le leader kurde a par ailleurs indiqué que, selon lui, il était important que le BDP ouvre un bureau de représentation à Erbil, capitale de la région kurde en Irak : « C’est important d’avoir des représentations à Bruxelles ou à Washington, mais encore plus à Erbil, parce que les gens là-bas font partie de notre propre peuple. Il est même très tard compte tenu du fait que 500 compagnies turques se trouvent déjà sur place. »
 Abdullah Öcalan a fait les déclarations suivantes :L’autonomie promise par Mustafa Kemal
« Les Kurdes ont joué une rôle vital dans la “guerre d’indépendance” et ce rôle a été consacré dans la Constitution de 1921. Mustafa Kemal a promis l’autonomie pour les Kurdes. Ces promesses se trouvent dans les rapports du parlement. Cependant, elles ont été neutralisées par Ismet Inönü et Fevzi Cakmak, ainsi que par les Britanniques. Les Britanniques ont sacrifié les Kurdes. » 
 
Trois propositions
« J’ai trois propositions pratiques pour le Gouvernement, le KCK et le BDP, afin de trouver une solution au problème kurde. Premièrement, il devrait y avoir un cessez-le feu bilatéral respecté par les deux parties.
Deuxièmement, une commission de vérité et de réconciliation, telle que celle mise en place en Afrique du Sud après l’abolition de l’apartheid. Cette commission devrait être composée d’experts. Une commission parlementaire peut également être créée avec la participation d’experts, d’intellectuels et d’ONG. La commission peut entendre toutes les parties du conflit, y compris moi-même. On pourra ainsi découvrir la vérité, la partager avec l’opinion publique et parvenir à la réconciliation. Ce n’est pas aussi difficile qu’il le paraît. Cela a marché en Afrique du Sud et il n’y a pas de raison que cela ne marche pas ici.
De manière parallèle, les forces du PKK peuvent être rassemblées dans une zone qui serait placée sous le contrôle d’une organisation internationale telle que l’ONU. Elles peuvent attendre là jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Commence ainsi la troisième phase.
 Troisièmement, ramener les guérilléros du PKK chez eux. Pas comme cela s’est passé à Habur [délégation pour la paix envoyée par le PKK le 19 octobre 2009 à la demande d’Öcalan], mais en masse. Tous les guérilléros peuvent venir ensemble. Les aspects sécuritaires peuvent être discutés avec le KCK. Le BDP peut travailler sur une constitution démocratique et les autres partis politiques peuvent y contribuer. Cela veut dire que si le problème est résolu dans un cadre législatif et sous des garanties constitutionnelles, on peut faire déposer les armes.
 
Amnistie pour tous
Certains prétendent que je tente de sauver ma propre peau. Ce sont des approches mesquines. Un processus auquel je ne prendrais pas part ne pourrait réussir. C’est clair. Mon objectif n’est pas de sauver ma peau. S’il y a une amnistie, ce sera pour tout le monde.
 
Soit une solution, soit une révolution
Le processus de paix nécessite que des négociations soient menées. Sinon, ce sera le début de la révolution, comme je l’ai expliqué au cours de mon précédent entretien. Et une fois qu’elle aura commencé, elle sera incontrôlable. La Turquie est confrontée à un tel risque. Je ne veux pas que mes propos soient perçus comme des tactiques données au PKK dans le but d’intensifier le conflit. Je ne fais qu’établir les faits. Parce que le PKK a ses propres méthodes.
Je suis désolé pour les soldats tués, aussi bien que pour les guérilléros. Je me suis efforcé de prévenir ces morts. Ni le CHP, ni le MHP, ni encore les faux islamistes ne peuvent résoudre ce problème. Ils parlent encore d’opérations, de bombardements, de tueries. Le PKK ne peut être détruit par une armée professionnelle ou par des armes technologiques. Partout, les Kurdes continuent à rejoindre le PKK. De plus, on risque d’assister à une escalade des conflits dans les villes.
Et si la guerre s’intensifie, les groupes radicaux des deux côtés pourraient rendre le problème plus compliqué et insolvable. Dans ce cas, tout le monde va perdre, et surtout le gouvernement. »
 
KNK: La Turquie s’apprête à porter la guerre au delà des frontières
KNK Commission Exécutive 22.06.2010- Depuis son affrontement avec les combattants kurdes à Semdinli (province de Hakkâri), le 19 juin dernier, l’armée turque transporte en hélicoptère ses unités spéciales aux frontières du Kurdistan Sud (Kurdistan irakien, n.d.l.r.) ; l’envoi de ces unités militaires annonce la préparation d’une opération massive par voie terrestre. Déjà, près de 10 000 soldats sont massés à la frontière et les régions frontalières sont systématiquement bombardées par les hélicoptères.
Les bases militaires turques d’Amediya et de Bamerne, au Kurdistan Sud (Kurdistan irakien, n.d.l.r.), sont en pleine effervescence.
En attendant, les avions de chasses ne cessent leurs attaques et leurs bombardements.
Les bombardements ont fait 4 morts et 8 blessés parmi les civils kurdes. Des centaines de familles ont dû quitter leurs villages. Les étangs et les champs, propriétés des villageois, ont été sérieusement endommagés tout comme les terres de broutage des animaux. La Turquie et l’Iran continuent leurs bombardements en dehors des frontières et prennent pour cibles les civils kurdes.
Déjà, au soir du 10 mai, des obus ont frappé une habitation du village de Benistan, près du bourg de Şeladize à Duhok, tuant le propriétaire de la maison, Rekan HÜSEYİN REKANİ (27 ans), ainsi que sa femme et ses trois enfants Bihar, Esen et Huseyn, âgés de 4 à 9 ans, et blessant gravement leur voisin Kerim ŞEKİR.
Le 15 mai, l’aviation turque a bombardé de façon intense et permanente le village de Yekmalê dans la vallée de Xabur. Lors de ces attaques, un villageois du nom d’Izbat TEMEL a été blessé.
Le 19 juin, elle récidivait, tuant une jeune fille de 15 ans, Zahide MIHEMED MECID, qui était au milieu de ses champs, et blessant grièvement son jeune frère, Şexawan MİHEMED MECİD, âgé de 6 ans, et sa mère Gelawej MELA EHMEDI (36 ans).
Le soir du 21 juin, des hélicoptères militaires iraniens ou turcs ont survolé certaines zones de la sous préfecture de Çoman au Kurdistan Sud (Kurdistan irakien, n.d.l.r.) : Pîrelok, Kanî Reş, Omer Xeyat, Gomdelawan, Wêza, Ênze, Kanî Spî, Sîngure et Çiyayê Kotoyê.
Ils ont, selon nos informations, survolé deux fois cette région dans la même journée ; les villageois qui habitent près de la frontière ont, par crainte des bombardements, fuient la région pour trouver refuge dans des lieux moins exposés. Il semblerait que, lors des réunions du conseil de Sécurité, l’État turc se soit engagé à intensifier la sale guerre. C’est ce même Etat qui aurait déclaré vouloir instaurer la paix au Moyen Orient alors qu’il refuse de reconnaître les droits les plus élémentaires à 20 millions de Kurdes et qu’il n’hésite pas à réprimer durement tous ceux qui luttent pour obtenir ces libertés fondamentales.
Cet Etat turc, qui essaie de donner de lui-même une bonne image sur la scène internationale, mène une sale guerre contre le peuple kurde à l’intérieur des frontières officielles ; depuis deux jours, dans le cadre de sommets sur la sécurité, il réunit son conseil de sécurité en vue de décider une intensification de la sale guerre ; ces décisions vont entrainer plus de morts, plus de drames ; elles vont provoquer de nouveaux massacres et de nouvelles injustices.
A l’opinion publique et au peuple kurde,
Toute opération militaire menée par l’armée turque à l’intérieur ou l’extérieur du territoire tend à empêcher la résolution démocratique de la Question kurde. Ces opérations ne font qu’alimenter les sentiments de haine entre les peuples. Il faut avant tout condamner cette sale guerre qui viole les droits humains et les libertés fondamentales ainsi que les principes qui régissent le droit international.
Nous appelons l’ensemble des partis politiques kurdes et la population kurde à s’opposer, dans l’union et la solidarité, à la guerre menée par l’armée turque et le gouvernement de l’AKP.
Nous appelons l’ONU, Nous appelons l’ONU, l’UE, le CE ainsi que les USA  à prendre position contre la Turquie qui, par ses incursions militaires sur le territoire d’un État tiers, viole les règles fondamentales du droit international.
 
KCK: Le gouvernement de l’AKP est responsable du regain de violence
Kurdish Info – Dans une déclaration publique, le Conseil exécutif du KCK accuse le gouvernement turc de faire la guerre aux kurdes en menant des politiques répressives et estime que le Mouvement de Libération kurde a été contraint, face aux nouvelles attaques, de s’engager, dès le 1er juin, dans un nouveau processus d’autodéfense.
Dénonçant la mise en accusation du leader du peuple kurde, Abdullah Öcalan, par le gouvernement turc qui le tient effectivement responsable du regain de violences, le Conseil exécutif du KCK rappelle que sa décision est la conséquence des politiques du gouvernement AKP.
« L’AKP est responsable de la recrudescence des combats et de la perte des vies humaines et cherche à échapper à ses responsabilités par des manoeuvres démagogiques. Notre leader n’est pas responsable de la fin du cessez-le-feu.
Tenir notre leader pour responsable de la période actuelle n’est qu’une imposture. » s’est exprimé le Conseil exécutif du KCK. « Les accusations de l’AKP annoncent de nouvelles pressions et de nouvelles attaques à l’encontre de M. Öcalan. Lui refuser son entretien avec ses avocats en est la preuve manifeste. » affirme le KCK.
Le Conseil exécutif du KCK a également averti l’opinion publique des propagandes menées par les autorités dans le cadre de la guerre psychologique déclarée à l’égard du peuple kurde.
«  L’opinion publique sait que la délégation turque s’est rendue en Israël pour l’achat de Herons ( avions d’espionnage) qui sont utilisés contre les résistants kurdes. Erdoğan et Abdullah Gül fustigent Israël à la veille de référendums ou périodes électorales mais  par ailleurs ils n’hésitent pas à signer des contrats militaro-stratégiques avec ce pays, y compris dans la  période actuelle au moment où la flottille pour Gaza s’est fait attaquée, afin de venir à bout de notre mouvement. Le gouvernement de l’AKP a encore une fois prouvé au monde musulman et à notre peuple qu’il manquait de sincérité et qu’il agissait avec hypocrisie » s’est exprimé le Conseil exécutif du KCK.
 
L’armée turque brûle les forêts
Kurdish Info- En utilisant les incendies de forêts dans sa lutte contre le PKK, l’armée turque continue à commette des crimes de guerre. Elle a, tout récemment, mis le feu aux forêts d’Ilicilar, un village de la province de Bingol. Essayant d’éteindre le feu par leurs propres moyens, les villageois n’ont pas su protéger certains vergers, ravagés par le feu. L’incendie qui s’est déclarée à la suite des bombardements sur les villages de Kelêt et Bêgejnê, liés aux montagnes de Gabar dans la province de Şirnak et à Rubarok (Hakkari- Şemzinan), ravage les forêts depuis deux jours. 
Les forêts de Kırmızı Dağ, Kutu Dere, Zergovit, Güleç, Geyik Suyu et Marçik à Dersim brûlent depuis 5 jours.Les incendies déclenchés le 8 juillet à Sason et Kozluk à Batman ne sont toujours pas éteints.
En deux semaines, l’armée turque a mis le feu à plus de 13 forêts à Botan. Les autorités refusent d’éteindre les incendies et les villageois ne peuvent le faire en raison de l’interdiction posée. 
 
Manifestation à Istanbul auxcris de"Paix,Justice,plus de sang,solution négociée"
André Métayer-Une manifestation en faveur de la Paix au Kurdistan s’est déroulée à Istanbul, dimanche 4 juillet, aux cris de "Paix", "Justice", "plus de sang", "solution négociée" ; lancée par le rassemblement "Global Peace and Justice Coalition " elle a regroupé des individus et des organisations diverses de tous horizons, Turcs et Kurdes ensemble notamment. Les femmes ont montré l’exemple.
Le Mouvement de la Paix au  F.S.E. d’Istanbul
Cette manifestation s’est déroulée à l’issue du 6e du Forum social européen, qui s’est tenu du 1 au 4 juillet au campus universitaire de Macka à Istanbul et auquel participait une délégation du Mouvement de la Paix (Roland Nivet, Arielle Denis et Gérard Halie).
C’est à Ahmet Türk, ce député banni et privé de droits civiques depuis l’interdiction en décembre 2009 du parti progressiste pro kurde, le Parti pour une société démocratique (DTP), que les organisateurs du FSE avaient confié le soin d’accueillir les participants.
Ce geste, qu’il faut souligner, est hautement symbolique dans un contexte marqué, en Turquie, par une tension extrême qui inquiètent tous les militants pour les droits humains et un certain nombre d’hommes et de femmes politiques dont les co-présidents du BDP (Parti pour la paix et de Démocratie qui a succédé au DTP), Gültan Kisanak et Selahattin Demirtas.
Kisanak et Demirtas : tout faire pour éviter la guerre civile entre Turcs et Kurdes
ils ont redit, l’une, le 5 Juillet, à Roland Nivet, coordonnateur du Comité rennais du Mouvement de la Paix, lors d’un entretien à Istanbul, l’autre, le 30 juin, à Rennes, à Jean Charles Daveau, Directeur de cabinet adjoint du Conseil général d’Ille et Vilaine ; ils ont redit, l’une et l’autre, leurs préoccupations devant la montée de la répression policière et militaire ; ils ont redit, l’une et l’autre, qu’ils ne ménageaient pas leurs efforts pour éviter la guerre civile entre Turcs et Kurdes qu’ils redoutent.
Cette manifestation, qui a réuni 2000 personnes et qui est, malheureusement, passée sous silence, est significative d’une volonté d’une partie de l’opinion publique d’arrêter la guerre en Turquie et de négocier une paix juste pour tous : plus qu’un symbole les slogans étaient écrits dans les deux langues, turque et kurde, dans un pays où la liberté linguistique est loin d’être acquise.
 
Selahattin Demirtas, à Rennes
Nous avons pu avoir avec Selahattin Demirtaş, avocat, député de Diyarbakir, co-président du parti pro-kurde, le BDP (Parti pour la Paix et la Démocratie) et président du groupe parlementaire BDP une discussion amicale, ouverte, et très enrichissante.
Ont participé à l’entretien : Sinan Önal, son attaché parlementaire et conseiller politique, Eyyup Doru (Faruk), représentant le BDP en Europe, Jean-Charles Daveau, Directeur de cabinet adjoint du Conseil général d’Ille-et-Vilaine, représentant le Président Jean-Louis Tourenne, Jean-Claude Riou, Vice président de AKB, Gaël Le Ny, ancien Vice président de AKB, ( en présence d’une journaliste de Ouest France).
Des personnalités rennaises, retenues par des engagements antérieurs ou absentes de Rennes, avaient tenu à s’excuser de leur absence (Frédéric Bourcier, Marie Anne Chapdelaine, Roselyne Le François, adjoints au maire de Rennes, Ana Sohier, conseillère municipale, les élus communistes et le PCF d’Ille et Vilaine, le mouvement de la paix….)
A lire prochainement sur le site des Amitiés kurdes de Bretagne ( http://www.amitieskurdesdebretagne.eu ) une série d’articles sur les différents sujets abordés avec le Député de Diyarbakir, dont le procès des "151" (que nous appelons "le procès de Moscou" en souvenir des purges staliniennes des années 30 ) : 151 personnalités (dont le maire de Diyarbakir) vont être traduites en justice le 18 octobre prochain  ; et le verdict dépendra de la mobilisation internationale ; un appel est lancé au maire de Rennes et à tous ses collègues maires et élus locaux.
Selahattin Demirtaş s’est ensuite rendu à l’invitation de "Amara" à la Maison du peuple kurde où il a pris la parole dans une salle archi comble : les organisateurs ont été contraints de refuser du monde : tous les Kurdes n’ont pu entrer (Ana, qui a pu se libérer sur le tard, non plus).
 
Turquie : Fausse diplomatie et violence se conjuguent au quotidien
Bersiv- 29.06.2010- Depuis son affrontement du 19 juin dernier, à Semdinli (province de Hakkari) – le plus sanglant depuis longtemps – avec les combattants kurdes, l’armée turque a massé 10 000 soldats près de la frontière irakienne, ce qui ressemble fort à la préparation d’une action d’envergure visant à envahir le Kurdistan irakien, avec l’aide logistique des satellites américains et des drones israéliens.
Pourquoi se gênerait-elle ? Ses précédentes incursions en territoire irakien, au mépris du droit international, n’ont provoqué aucunes protestations, si ce n’est celle, récente, du ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari pour qui les attaques aériennes turques qui se poursuivent depuis des mois sont "sans conteste une violation de l’indépendance, de la souveraineté de l’Irak et des bonnes relations entre pays voisins".
Qui va arrêter la spirale de la violence ? L’attitude autiste de la Turquie a fini par décourager tous ceux et toutes celles, nombreux chez les Kurdes, qui souhaitaient vraiment ouvrir des négociations de paix. Beaucoup d’ailleurs ont été arrêtés et mis en détention ; le procès de 151 d’entre eux ne va pas tarder à s’ouvrir, un procès politique genre "procès de Moscou", avec, comme objectif fixé d’avance, de lourdes condamnations. Plus rien ni personne se semble pourvoir retenir les partisans de la violence, alors que chacun répète à l’envi que la guerre ne résoudra rien.
Ce gouvernement turc qui s’est complètement déconsidéré avec l’arrestation du "groupe de la paix" et ses propositions de révision constitutionnelle qui n’apportent aucune réponse à la question kurde(http://www.ovipot.blogspot.com/) continue à jouir encore d’une certaine considération au niveau international : ainsi, Bernard Guetta, lui-même, dans sa chronique de France inter à caractère géopolitique, a cru devoir saluer "le coup politique audacieux et imaginatif " du gouvernement turc à qui revient le mérite, selon le chroniqueur, d’avoir fait " bougé Benjamin Netanyahu" dans l’affaire du blocus de la "bande de Gaza" : " Là où la diplomatie comme la violence avaient échoué, l’intelligence politique a réussi" !
Mais la politique du gouvernement turc, vis-à-vis des Kurdes, c’est du "Benjamin Netanyahu" dans le texte ! La (fausse) diplomatie comme la violence se conjuguent en Turquie au quotidien! Si intelligence politique il y a, le courage politique, lui, n’est pas au rendez-vous.
 
Le Monde: La rébellion kurde embarrasse aussi l’Iran
Guillaume Perrier-La Turquie, engagée dans une lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) depuis 1984, n’est pas la seule à devoir faire face à une rébellion kurde dans la région.La frontière est une notion toute relative dans les montagnes du Kurdistan, une région située à cheval sur la Turquie, l’Irak et l’Iran.
Le régime de Téhéran mène lui aussi de vastes opérations contre ses rebelles kurdes, ceux du PJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), la branche iranienne du PKK…..
Depuis plusieurs années, en Iran, les provinces de l’Ouest sont agitées par des mouvements de contestation et par des violences. Des accrochages à la frontière irakienne, entre Gardiens de la révolution (l’armée idéologique du régime iranien) et membres du PJAK ont fait au moins 4 morts le 16 juin.
Plusieurs militants kurdes ont été condamnés à mort par pendaison ces derniers mois dans une vague de répression politique sans précédent, et le pilonnage des positions rebelles, côté irakien, s’est intensifié. Quelques centaines de villageois kurdes ont été obligés de fuir la zone et au moins quatre d’entre eux ont trouvé la mort après les récents bombardements iraniens.
Surtout, les troupes iraniennes, comme celles de Turquie, n’hésitent plus à pénétrer en territoire irakien pour poursuivre les rebelles et à mener des opérations transfrontalières, seules ou conjointement avec Ankara. Le commandement du PJAK est retranché avec celui du PKK dans les hauteurs des monts Qandil, dans le nord de la région kurde d’Irak, d’où il mène des attaques meurtrières.
"VIOLATION MANIFESTE DE LA SOUVERAINETÉ DE L’IRAK"
Depuis début juin, les soldats iraniens multiplient les incursions au-delà de leur frontière. Déjà en mai, un hélicoptère avait franchi la ligne pour attaquer un village. En décembre 2009, Téhéran avait partiellement occupé, pendant trois jours, le champ pétrolier de Fakka situé à l’intérieur des limites de l’Irak, provoquant une vive inquiétude à Bagdad. Ces interventions de la Turquie et de l’Iran, deux rivaux dans la région qui se sont rapprochés à la faveur de la crise sur le nucléaire iranien, mécontentent l’Irak.
Le ministre irakien des affaires étrangères, Hoshyar Zebari, un Kurde, a critiqué une "violation manifeste de la souveraineté de l’Irak". Le but de l’Iran est aussi de tester la réaction de la nouvelle majorité politique issue des élections nationales irakiennes du 7 mars. Téhéran soutient l’alliance chiite qui pourrait former le nouveau gouvernement.
Les Gardiens de la révolution, mobilisés le long de la frontière irakienne, décrivent les attaques du PJAK comme une tentative de déstabilisation du régime par les Etats-Unis et Israël, régulièrement accusés de soutenir les rebelles kurdes. "La présence de forces américaines et israéliennes sont la raison de nos mouvements dans la région", a estimé le général iranien Mehdi Moini.
Les montagnes frontalières sont étroitement surveillées. C’est là que trois "randonneurs" américains ont été arrêtés en juillet 2009 alors qu’ils avaient franchi, "par erreur", la frontière avec l’Iran après une excursion au Kurdistan irakien. Accusés d’espionnage, ils sont toujours détenus par Téhéran.
 
Lettre de Gülcihan Simsek
Amitiés kurdes de Bretagne 04.07.2010- Gulcihan Simsek, en détention provisoire depuis 15 mois : "Nous sommes les enfants d’un peuple nié". J’accorde beaucoup d’importance à tous les messages d’amitié et de soutien que vous nous faites parvenir malgré les kilomètres qui nous séparent.Nous sommes les enfants d’un peuple nié dont on veut couper les liens avec leurs racines. Nous sommes jugés pour nos idées ; notre langue est interdite ; notre identité n’est pas reconnue.
Je suis incarcérée depuis déjà un an et trois mois, d’abord dans la prison de Diyarbakir et maintenant dans la prison de Midyat (Mardin) ; le dossier concernant les faits qui nous sont reprochés est vide et nous sommes donc maintenus en détention de manière totalement injustifiée.
Une audience est prévue le 18 octobre 2010.
Je tiens à vous remercier, vous, défenseurs des droits de l’homme, qui ne nous laissez pas seuls dans ces moments.
Nous espérons toujours voir la paix arriver sur les ailes d’une colombe ou pousser sur les branches d’un olivier : la branche d’olivier représente aussi la fraternité, et la solidarité dont vous faites preuve est très touchante.
Je tiens à vous faire part des salutations et de l’amitié de trente camarades femmes qui sont enfermées avec moi en ce moment.
Gardons espoir que vivre ensemble de beaux jours !
Gülcihan Simsek, M. Tipi cezaevi A, Midyat /MARDIN
TÜRKIYE
 ***Kurdish Info, www.kurdish-info.eu, [email protected]

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