Conférence de presse et colloque à l’occasion du 35e anniversaire du coup d’état militaire de 1971 en Turquie
A l’occasion du 35e anniversaire du coup d’état militaire de 1971 en Turquie, l’association des Arméniens démocrates de Belgique, les Associations des Assyriens de Belgique, la Fondation Info-Türk et l’Institut Kurde de Bruxelles organisent deux évènements à Bruxelles: le vendredi 10 mars 2006 à 10h00 la conférence de presse ‘Où en est la démocratisation en Turquie?’ et le lundi 13 mars le colloque ‘L’impact des régimes répressifs sur l’exode massif vers les pays européens’.
Il y a deux ans, on a célébré le 40e anniversaire de l’immigration turque en Belgique sans prononcer aucun mot sur l’émigration politique qui s’est déclenchée juste après le coup d’état militaire du 12 mars 1971 et accélérée avec le deuxième coup d’état du 12 septembre 1980. Ces deux putschs sanglants des généraux turcs signifiaient: arrestations massives des opposants, tortures, pendaisons, violations des libertés d’expression, renforcement de l’injustice sociale, négation des droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités arménienne, assyro-chaldéenne, grecque, etc. Bien que la plupart des vestiges de ces coups d’état soient toujours en vigueur, le 3 octobre 2005, l’Union européenne a décidé d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Turquie. A l’occasion du 35e anniversaire du coup d’état du 12 mars 1971, quatre organisations issues de l’émigration politique en provenance de Turquie organisent deux évènements afin de rappeler à l’opinion publique belge les faits historiques, oubliés ou niés, et d’attirer l’attention sur l’impact des régimes répressifs sur l’exode massif vers les pays européens ainsi que leur ingérence croissante dans la vie sociale et politique des pays accueillant immigrés.
Conference de presse
Sous la présidence du sénateur Josy Dubié (Ecolo), nous vous convions à la conference de presse ‘Où en est la démocratisation en Turquie?’ qui aura lieu le 10 mars 2006 à 10h à la Maison des Parlementaires (Rue de Louvain 21 – 1009 Bruxelles).
Avec la participation de:
* Jan Béghin, membre du Parlement bruxellois (sp.a – spirit)
* Christian Brotcorne, sénateur (CdH)
* Adelheid Byttebier, membre du Parlement bruxellois (Groen!)
* Christine Defraigne, sénatrice (MR)
* Alain Destexhe, sénateur (MR) (sous réserve)
* Kris Van Dijck, membre du Parlement flamand (N-VA)
* Pierre Galand, sénateur (PS)
* Sven Gatz, membre du parlement flamand (VLD),
* Nelly Maes, Présidente de l’Alliance Libre Européenne (Spirit)
* Hugo Van Rompaey, sénateur honoraire (CD&V)
* et Me Jacques Bourgaux, Ancien secrétaire général de l’Association belge des Juristes démocrates
* Jenny Vanderlinden, Coördinatie Turkije – Amnesty International
Inscription obligatoire avant le mardi 7 mars 2006: E-mail: [email protected] ou fax: +32/(0)2 736 78 95
Colloque
Le lundi 13 mars 2006, à partir de 9h00, nous organisons sous le parrainage de Julos Beaucarne, le colloque ‘L’impact des régimes répressifs sur l’exode massif vers les pays européens’ à la Salle Gothique de l’Hôtel de Ville de Bruxelles (Grand Place – 1000 Bruxelles).
Interventions confirmées:
* Anne Morelli, professeur à l’ULB
* Derwich M. Ferho, président de l’Institut Kurde de Bruxelles
* Jean Sirapian, président de l’Institut Tchobanian en France
* Nahro Beth-Kinne, l’animateur de la Radio ‘Voix des Assyriens’
* Dogan Özgüden, président de la Fondation Info-Turk
* Mohamed Baroudi, exilé marocain
* Florida Mukeshimana, exilée rwandaise et l’auteur de "Un autre Rwanda possible"
* David Cusatto, journaliste et directeur de la Maison de l’Amérique Latine/SEUL
* Kathleen Ghequière, anthropologue
* Maître François Bailly, ancien secrétaire général de l’Association belge des juristes démocrates
* Jenny Vanderlinden, Coordination Turquie – Amnesty International
* et à 15h00 au nom du Collège des Bourgmestres et Echevins de la Ville de Bruxelles Henri Simons, Premier échevin de la Ville de Bruxelles
Avec Exposition de photos – Projection de films – Stands
A partir de 18h00 dans la même salle
Présentations artistiques:
Le Groupe Arax, Anouch Giragosyan, Sophie Servais et le Groupe Sevan de l’AADB
Le coup d’état de 1971 en Turquie
Le 12 mars est un des anniversaires noirs de la famille européenne, car il y a 35 ans, en Turquie, membre du Conseil de l’Europe et l’OTAN ainsi que membre associé de l’Union européenne, les généraux avaient renversé le gouvernement et ouvert une période de répression sans précédent.
En effet, depuis plus d’un siècle, le processus de démocratisation en Turquie a été interrompu souvent par des pratiques répressives et des coups d’état militaires: le coup d’état des Jeunes Turcs en 1908, le génocide des Arméniens et des Assyriens en 1915, l’oppression du peuple kurde et des forces de gauche suivie par la proclamation du régime parti unique en 1925, le pogrom des minorités non-musulmanes en 1955, le coup d’état de 1960…
Les 35 ans derniers ont été marqués de deux putschs sanglants des généraux turcs en 1971 et 1980: arrestations massives, tortures, pendaisons, violations des libertés d’expression, renforcement de l’injustice sociale, négations des droits fondamentaux du peuple kurde et des minorités arménienne, assyrienne, grecque, etc.
Durant les deux ans suivant le coup d’état du 12 mars 1971:
* Des milliers de personnes ont été jugées par les tribunaux militaires de la loi martiale sous l’inculpation de délits pour la plupart antérieurs à la proclamation de l’état d’exception.
* Plus de 10.000 personnes dont 3600 enseignants, 118 journalistes, traducteurs, éditeurs, écrivains, artistes, 67 universitaires ont été mis en garde-à-vue, arrêtés ou jugés et condamnés.
* 37 journaux ou périodiques ont été interdits ou suspendus.
* Plus de 200 titres de livres ont été saisis et plus d’un demi million d’exemplaires détruits.
* 28 personnes ont été tuées dans la rue par les forces de l’ordre, dans des circonstances douteuses.
* Les inculpés, détenus souvent depuis plusieurs semaines, ont dénoncé lors de leurs procès les tortures qu’ils ont subies au cours de l’instruction. Ces accusations sont aujourd’hui confirmées par les rapports de plusieurs organismes internationaux de juristes.
* Malgré l’indignation de l’opinion mondiale, trois leaders de la jeunesse progressiste ont été condamnés à mort et exécutés. D’autres condamnations à mort sont prononcées et 151 requises par les procureurs militaires.
* Trois partis politiques ont été dissous. Les dirigeants du parti socialiste TIP ont été condamnés à de lourdes peines de prison, allant jusqu’à 15 ans.
* La répression s’est durcie au sujet des minorités ethniques et les opérations répressives contre les Kurdes généralisées non seulement dans le Kurdistan mais aussi dans les grandes métropoles du pays.
* 111 personnes ont été condamnées à de lourdes peines de détention allant jusqu’à 16 ans, sous l’inculpation de "séparatisme".
* Le droit de grève et de syndicalisation a été limité par l’adoption des amendements législatifs sous la pression des militaires.
* Toutes les associations d’étudiants ont été dissoutes.
* Le Syndicat des Enseignants de Turquie (TÖS), groupant plus de 100.000 enseignants a été dissout, ses dirigeants condamnés à des peines de prison allant jusqu’à 8 ans, des milliers de ses membres ont été poursuivis. Tous les syndicats des secteurs publics ont été dissous.
Le coup du 12 mars 1971 marque également le déclenchement de l’émigration politique vers les pays européens. Le premier exode massif de Turquie vers les pays étrangers était sans aucun doute celui des Arméniens et des Assyro-chaldéens suivant le génocide et la déportation de 1915. L’émigration politique des opposants du régime et des gens appartenant aux minorités ethniques et religieuses a repris après le coup d’état de 1971 et s’est fort accélérée après le deuxième coup d’état militaire du 12 septembre 1980.
C’est après ces coup d’états que l’ingérence du régime d’Ankara dans la vie politique des pays accueillant des immigrés turcs a été bien structurée et un système de pression et d’intimidation a été instauré afin d’étouffer toute voix s’élevant en dehors du contrôle du lobby turc.
Organisateurs
L’Association des Arméniens démocrates de Belgique
L’Association des Arméniens démocrates de Belgique a pour objectif d’aider les émigrés Arméniens à s’intégrer en Belgique par la pratique d’activités sociales, culturelles et sportives, de créer des liens avec toute autre organisation démocratique en Belgique et en Europe pour lutter contre le racisme et le fascisme et de faire reconnaître le génocide arménien de 1915.
E-mail: [email protected]
Les Associations des Assyriens de Belgique
Existant depuis 22 ans, les Associations des Assyriens de Belgique ont comme objectif: établir et développer des rencontres, échanges, collaboration, amitié entre les spécialistes et chercheurs du patrimoine de l’Assyrie/la Haute Mésopotamie et ses héritiers. Elles visent également l’intégration et la participation active des communautés assyriennes dans la société européenne; la sauvegarde, la promotion et la diffusion de la culture assyrienne par la mise sur pied de conférences, colloques, émissions radiophoniques.
E-mail: [email protected]
Fondation Info-Türk
Constituée par des résistants contre la junte militaire du 12 mars 1971 et dénonçant depuis trente-cinq ans la violation des droits de l’Homme et l’oppression des minorités en Turquie, la Fondation Info-Türk contribue aux luttes pour la démocratie dans ce pays. Elle publie un périodique bilingue et des dossiers spécifiques pour informer l’opinion mondiale tant de la vie politique, sociale, économique et culturelle en Turquie que des problèmes des communautés en provenance de ce pays.
site Internet: www.info-turk.be – Email: [email protected]
L’Institut Kurde de Bruxelles
L’Institut Kurde de Bruxelles lutte d’une part pour les droits des minorités nationales, ethniques, religieuses et/ou linguistiques du Moyen-Orient, de la Turquie et du Caucase. D’autre part, il s’engage dans la défense des droits et de l’égalité des chances pour toute personne appartenant à une minorité ethnique ou culturelle en Belgique.
site Internet: www.kurdishinstitute.be – E-mail: [email protected]
Correspondance
Iuccia Saponara: E-mail: [email protected],tél: 0032/(0)2-736 78 95; Fax: 0032/(0)2-742 04 06
 
Koerdisch Instituut van Brussel
Bonneelsstraat 16, B-1210 Brussel | [email protected] | tel. +32-(0)2-230 89 30 | fax. + 32-(0)2-231.00.97
 
Ereleden: ALALOUF Mateo, BASTENIER Albert, COPPIETERS Maurits, CREUZ Serge, DASSETTO Felice, DE KOCK Marc, DELVAUX André, EISENDRATH Henri, HOUTART François, HUMBLET Jean-Emile, JOSPA Yvonne, LEFIN Paul, MACDONALD Charles, MARTENS Albert, REMACLE Eric, SPRIET Georges, VAN BRUINESSEN M., VANDEN BAVIERE Paul, VAN PAEMEL Monika, ZANDERS J.-P
 

 

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