Alors que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan continue d’accuser les grévistes de faire « le show », ignorant leurs revendications,  les prisonniers politiques kurdes entament dimanche 4 novembre leur 54eme jour de grève de la faim.

Parmi eux, 63 prisonniers dont deux journalistes sont sont en grève depuis 12 septembre et leur état de santé est dans une phase très critique. Au bout de deux semaines, le nombre des prisonniers en grève avait atteint des centaines.

« A partir du 5 novembre, nous poursuivront notre action avec 10 mille personnes » a déclaré Deniz Kaya, porte-parole des prisonniers politiques kurdes, dans un communiqué.  « Hormis les prisonniers malades, âgés et enfants,  tous nos amis détenus participeront à la grève à durée indéterminée » a-t-il dit.
 
Répondant aux accusations du premier ministre, il a affirmé ; « Nous  ne faisons pas de chantage et ne céderons pas au chantage. Avec cette action, nous, en tant que prisonniers de la liberté, voulons faire entendre à l’opinion publique et au monde entier nos revendications pour les droits les plus humains »

Les grévistes parmi lesquels figurent des élus et neuf journalistes réclament la fin de l’isolement et la libération du chef du PKK Abdullah Ocalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali, qui n’est pas autorisé à rencontrer ses avocats depuis 27 juillet 2011 et la suppression complète des restrictions de l’usage de la langue kurde dans tous les domaines.

« Si nos revendications ne sont pas satisfaites, le gouvernement AKP et le premier ministre Erdogan  seront tenus pour responsable de toutes les conséquences négative » ont averti les prisonniers.

Depuis des semaines les kurdes organisent des grandes manifestations à travers la Turquie et dans la diaspora pour attirer l’attention sur la grève. Près de 10 mille kurdes ont manifesté le 2 novembre à Bruxelles, appelant les institutions européennes à agir auprès de la Turquie pour les grévistes. Défiant l’interdiction par les autorités turques de toute manifestation et le blocus policier, les kurdes sont descendus le même jour dans les rues de Diyarbakir. De violents affrontements se sont déroulés  entre les policiers turcs et manifestants pendant toute la journée.

En outre, des milliers de kurdes observent actuellement une grève de la faim de manière limitée à trois ou quatre jours dans tous les pays de l’Union Européens, en Russie, aux États-Unis, en Turquie et au Moyen-Orient. (Maxime Azadi, actukurde.fr/actualites, 4 nov 2012)

“Debout pour le journalisme” le 5 novembre en soutien aux journalistes en Turquie

La journée européenne pour la défense du journalisme (“Stand up with journalism”) organisée le 5 novembre par la Fédération européenne des journalistes (FEJ) sera consacrée à la solidarité avec les journalistes turcs, dont 76 sont détenus en vertu d’une loi anti-terroriste.

Dans un courrier à l’ambassadeur de Turquie auprès de l’Union européenne, Mehmet Hakan Olcay, la FEJ, qui représente quelque 310.000 journalistes de plus 30 pays, écrit: “Nous exhortons votre gouvernement à libérer tous les journalistes emprisonnés qui sont détenus sur la base de leurs activités journalistiques” et à “mettre fin à l’utilisation des lois anti-terroristes contre des journalistes, en violation de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme”.

En France trois syndicats membres de la FEJ (SNJ, CGT et CFDT) ont invité à cette occasion Halide Kurt, l’épouse de Soner Yalçin, un des journalistes détenus à la prison de Silivri.

Plusieurs nouveaux procès sont prévus en novembre dont celui de Soner Yalçin.

Ce dernier, dans une lettre publiée vendredi par Le Figaro, écrit: “Je sens déjà que vais être condamné à être oublié”. A 47 ans, dont 25 à exercer la profession de journaliste, M. Soner Yalçin est emprisonné depuis près de deux années. Chroniqueur du quotidien “Hürriyet”, qui signifie “Liberté”, il est également rédacteur-en-chef du site d’information OdaTV.

Soner Yalçin a également rédigé une autre lettre, publiée celle-là par l’Humanité dans laquelle il décrit les terribles conditions de détention de ses confrères journalistes en Turquie.

Une audition publique sur la liberté de la presse organisée est organisée le 6 novembre par le Parlement européen. Le Président de la FEJ, Arne König, y prendra la parole.

La FEJ diffusera en outre, une version en anglais de “Tutuklu Gazete” (“Arrested Gazette”), extrait d’un journal rédigé en prison par des journalistes turcs et distribué en tant que supplément par plusieurs quotidiens turcs.

“Nous ne sommes pas terroristes, mais journalistes”, peut-on lire en manchette. (AFP, 02 nov 2012)

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