Suite à cette attaque l’armée turque a annoncé avoir lancé une opération d’envergure au Kurdistan irakien. De mêmes opérations ont été effectuées dans les régions frontalières avec l’Irak. Depuis lors, les forces aériennes turques ont bombardé lourdement plusieurs zones du Kurdistan Irakien, puis ont suivi des opérations terrestres mais limitées à la frontière. La bataille a continué dans certaines zones où des avions et des  hélicoptères ont été utilisés. De source sécuritaire turque dans la région, on avait précisé auparavant que les chasseurs turcs continuaient de pilonner les camps du PKK situés dans les montagnes du Kurdistan  irakien.

Le 27 Octobre les autorités turques ont annoncé que l’opération militaire a pris fin et dans cette opération, qui a été menée surtout dans la vallée de Kazan, plusieurs militants kurdes ont été tués. Selon ces mêmes autorités, cette opération a été faite en réaction à l’attaque de la guérilla contre Cukurca (19.10.2011)

Selon les informations publiées par des associations de défense des droits de l’homme au Kurdistan et le BDP, dans ces opérations l’armée turque a utilisé la gaze chimique contre la guérilla. De mêmes informations sont ainsi constatées par les familles des militants tués.

Il faut noter que, après l’attaque de la guérilla du 19 Octobre, dans plusieurs villes de la Turquie des manifestations ont été organisées et soutenues par les institutions étatiques. De mêmes genres de manifestations continuent à être organisées. Le seul but de ces manifestations est de terroriser la population kurde vivant dans les régions à l’ouest du pays (en Turquie).

Ainsi, en parallèle avec les opérations armées et les manifestations pro-étatiques, l’arrestation des dirigeants du BDP et des intellectuels Turcs et Kurdes est accélérée. C’est dans ce concept que l’écrivain Ragip Zarakolu (un militant des droits de l’homme et défenseur des droits des minorités) et Professeur Busra Ersanli (professeur de sciences politiques à l’université Marmara) ont été arrêtés.

Contre les opérations de l’armée turque, les responsables du PKK déclarent que, si les opérations  continuent,  la Turquie s’expose à être frappée plus fort.

Selon les chiffres officiels de l’état turc, cette guerre entre la guérilla kurde et les force de sécurité a fait plus de 40.000 morts depuis le début 1984, c’est-à-dire depuis le commencement de la lutte armée du PKK.

Je veux bien préciser que depuis le 16 Août 2011 l’aviation turque bombarde régulièrement les montagnes du Kurdistan irakien. Des milliers de soldats sont mobilisés dans ces montagnes pour combattre la guérilla. Cela veut dire que, la guerre va entrer dans une phase plus forte et que des dizaines d’hommes risquent de perdre leur vie.

Par cet article, je veux appeler les organismes internationales et à la communauté internationale de se charger la mission afin d’imposer la paix de manière à arrêter la guerre avant que de nouvelles vies soient perdues. Ceci exige bien sûr une approche plus sérieuse, concrète et pratique.

A ce stade, il est très urgent que les instances de l’Union européennes se chargent aussi et plus vite cette mission.

Il faut faire tout pour arrêter la guerre et maintenir la paix en Turquie et au Kurdistan. La mission de faire arrêter cette guerre est devenue un devoir de l’humanité. Donc, il faut réagir, reconstruire, désarmer et assurer le respect des droits de l’homme, comme partout, mais aussi en Turquie et au Kurdistan.

08.11.2011
Ahmet Dere* Journaliste / Ecrivain kurde

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