Cette révélation intervient alors que le gouvernement AKP et la confrérie Gulen sont en plein guerre ouverte depuis la vaste opération anti-corruption de 17 décembre contre le gouvernement Recep Tayyip Erdogan. L’enregistrement publié aussi en français pointe les services secrets turcs dont le chef, Hakan Fidan, est un proche conseiller de Recep Tayyip.

On ignore qui a publié l’enregistrement mais, cela peut être considéré comme une conséquence de cette guerre de pouvoir en Turquie. Contactées  par l’ActuKurde.fr, plusieurs personnes qui connaissaient Omer Guner ont reconnu sa voix dans l’enregistrement audio qui révèle sa véritable identité. 

Le 9 janvier 2013, Sakine Cansiz, la co-fondatrice du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, représentante à Paris du Congrès National du Kurdistan, basé à Bruxelles, et Leyla Saylemez, membre du mouvement de la jeunesse kurde avaient été assassinées par balles dans la tête en pleine jour.  

L’enregistrement qui a été publié sur YouTube intervient trois jours après la première anniversaire du triple assassinat. Celui qui est censé être à l’origine de l’enregistrement affirme qu’il est un proche d’Omer Guney:

“Je suis un proche de Omer Guney qui a tué trois femmes à Paris en France. Ömer Güney a été arrêté le 17 janvier à Paris. Ömer Guney m’a donné informations et documents avant son arrestation et il a dit que si quelque chose arrive à moi, tu les expliques. Ömer a reçu des instructions de MIT à l’assassinat de trois femmes qu’il a tuées à Paris.

Son objectif principal était Sakine Cansiz. Il a été contraint de tuer d’autres parce qu’elles se sont trouvées là au cours de l’action. Avant de l’action en rentrant en Turquie de nombreuses fois, il a planifié l’action avec les personnes de MIT. Les personnes de MIT ont acheté des billets pour son voyage entre la France et la Turquie. Les personnes de MIT avaient donné à Omer de l’argent pour l’arme et d’autres choses qu’il a utilisées pour tuer.”

Puis on entend la voix d’Omer Guney qui parle de son plan d’exécution “lors d’une rencontre avec les services secrets turcs.  

“Des téléphones mobiles que vous m’avez donnés, mon téléphone de  France sont cryptés. C’est-à-dire ils ne peuvent pas les entrer sans codage” dit-il à ces interlocuteurs qui seraient membres de MIT.

Il affirme également que les services français suivent de près les activités kurdes.”Il y a un suivi intensif par l’intelligence seconde par seconde.”

A la question, si les services français ont-il fait une entrevue avec lui, il répond; “Pas de contact avec moi en aucune façon, mais je crains que cela peut être. Parce que ma situation est appropriée…”

Si je voulais, je pourrais détruire Nedim et Uzun connu sous le nom Heval Siyar (…) Je pourrais tuer les deux, le temps et l’espace étaient disponibles, j’étais seul dans le foret. Bien sur, je n’y ai pas touché car je n’ai pas permis.

L’assassin présumée parle aussi des personnes qui habitent en Belgique avec qui il a eu des contacts, tout en les décrivant comme des personnes confiantes. Il affirme avoir demandé deux pistolets dont un avec silencieux, trois chargeurs et cinq boites de balles de 9 mm. “J’ai contacté une personne sans suivi. J’ai dis que j’ai besoin d’un couple d’arme.”

“Ils ont dit, une arme avec silencieux, une paire de chargeur et trois boites de balles font 2500 (…). J’ai dit ‘OK’ et je l’ai signalé à des amis.  

Ensuite, il parle de son plan d’exécution: “J’ai déjà eu mon plan. Je suis actuellement trois personnes. Ma sœur (Sakine Cansiz) doit absolument disparaitre. Il est impératif de faire tomber la psychologie des jeunes. “

Dans l’enragistrement, l’assassin présumé prononce le mot “Abram” et  non Ablam (Ma soeur en turc). Il aurait parlé en realité d’un jeune activiste kurde connu sous le nom Abram.

“Pour Nedim Seven, il entre dans la maison dans un suivi de l’intelligence (services français), la maison est sous surveillance jusqu’au matin, monsieur, cet home est sous un suivi très intensif par l’intelligence.”

Il donne ensuite des détails sur son plan pour tuer des militants kurdes, affirmant également qu’il recevra son arme en emballage non ouvert.

Puis, il cite les personnes à abattre: Nedim Seven, Siyar, Abram, Selahattin (Soro), Remzi Kartal. 

Selahattin et Siyar sont des politiciens kurdes qui ont le statut de réfugié en Europe. Quant à Nedim Seven, il est aussi un activiste politique kurde qui a été arrêté plusieurs fois en France, avant de regagner les montagnes du Kurdistan au cours de l’année 2013.  

Remzi Kartal est un ancien député kurde et le co-président du Congrès du Peuple du Kurdistan (Kongra Gel). Il était présent lors de la grande manifestation qui a eu lieu à Paris le 11 janvier, pour exiger justice et vérité sur l’assassinat de trois militantes kurdes il y a un an.

Aujourd’hui, Il n’y a aucune doute sur le caractère politique de cet assassinat dont les commanditaires seraient en Turquie.

En janvier 2013, Remzi Kartal et Zubeyir Aydar, membre du conseil exécutif du KCK, le système politique qui prône une Confédération du Kurdistan, avaient déclaré avoir obtenu au cours de l’année 2011, les informations selon lesquelles la Turquie aurait envoyé  un groupe tireurs d’élite en Europe, afin d’éliminer les dirigeants du mouvement kurde. Ils avaient ajouté que deux autres complots avaient été déjoués par l’Allemagne et la Belgique.

Blog de Maxime Azadi avec ActuKurde.fr

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