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La justice turque est sur le point d’inculper deux journalistes turcs connus pour leur opposition au régime islamo-conservateur d’Ankara, arrêtés lors d’une vaste opération policière dimanche, pour “appartenance à une organisation terroriste armée”, a rapporté jeudi l’agence de presse Anatolie.

Ekrem Dumanli, le directeur de la publication du journal Zaman -un des plus gros tirages du pays avec près d’un million d’exemplaires chaque jour- et Hidayet Karaca, directeur de la chaîne de télévision Samanyolu appartenant au même groupe de presse, ont été entendus par des juges d’Istanbul où ils ont été déférés après leur interrogatoire à la police, précise l’agence pro-gouvernementale.

Ces deux journalistes avaient été interpellés avec 28 autres personnes, des journalistes, policiers et réalisateurs de télévision, lors d’une opération coup de poing de la police. Tous sont soupçonnés d’être liés à l’imam Fethullah Gülen, en exil volontaire aux États-Unis depuis 1999, qui finance un réseau d’écoles et qui exerce une influence sur un réseau d’entreprises allant des services bancaires aux médias.

Ex-allié du président turc Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre de 2003 à 2014 avant d’être élu à la magistrature suprême en août dernier, le chef religieux est devenu son ennemi.

Sur les trente personnes interpellées lors de l’opération policière du week-end à Istanbul et dans d’autres villes, 14 ont été relâchées. Le sort des 16 autres, dont MM Dumanli et Karaca, sera déterminé par la cour stambouliote qui instruit leur dossier, ajoute Anatolie.

Dans une lettre ouverte le groupe de presse incriminé à dénoncé jeudi une “chasse aux sorcières” et une atteinte flagrante à la liberté de la presse en Turquie.

Cette offensive judiciaire contre la presse a provoqué un coup de froid entre Ankara et l’Union européenne.

Cette dernière, à laquelle veut adhérer la Turquie, s’est dite choquée par la répression et dénoncé une opération qui va “à l’encontre des valeurs européennes”.

Le chef de l’Etat turc a balayé toutes les critiques européennes, déclarant que l’Europe n’a pas de “leçon de démocratie” à donner à son pays. (AFP, 18 décembre 2014)

Publié par Info-Türk

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