Le général Isik Kosaner, commandant de l’armée de terre, a été désigné chef d’état-major interarmées, remplaçant le général Ilker Basbug qui part à la retraite. Le gouvernement a nommé le général Erdal Ceylanoglu à la tête de l’armée de terre.

Il y a deux ans, lors d’une cérémonie de sa promotion à la tête de l’armée de terre, le général Kosaner, parlant des effets nocifs de la mondialisation sur l’Etat-nation et de la nécessité pour l’armée de défendre résolument la laïcité, disait: «La diversité ethnique est devenue une menace pour l’unité nationale et pour la sécurité, face à la multiplication de mouvements socioculturels transnationaux. L’Etat nation, considéré par beaucoup comme le plus important obstacle à la mondialisation, est menacé par les pressions économiques et les provocations micro-ethniques.» Par une conclusion au ton alarmiste, le général Koşaner dénonçait «les réseaux de propagande, conçus par des puissances mondiales et composés de post-institutions de la société civile, d’universitaires, de groupes d’investissements et des médias nationaux (qui, selon lui, poursuivent une stratégie consistant à diluer les valeurs nationales)», et déplorait le fait que «les Etats nations soient poussés à la disparition et à la division, au nom de la démocratie et des droits de l’homme ».

Quant au général Ceylanoglu, il était en 1997 le commandant d’une unité des blindés qui a ordonné le défilé de vingt chars, quinze engins blindés et d’autres véhicules militaires dans la rue principale de Sincan (banlieue d’Ankara), afin de menacer le gouvernement d’Erbakan, leader du Refah, parti islamiste au pouvoir de l’époque. Après cette démonstration de force, le maire de Sincan avait été destitué et un mandat d’arrêt a été lancé contre lui. Quelques mois plus tard, le 28 février 1997, le gouvernement d’Erbakan a été forcé de démissionner par un ultimatum de l’Etat-Major.

Les postes de chef d’état-major interarmées et de commandant de l’armée de terre étaient restés vacants à l’issue d’une réunion, la semaine dernière, du Conseil militaire suprême (YAS), qui réunit politiques et militaires, en raison de l’implication supposée de certains généraux dans un complot visant le pouvoir.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui dirige un gouvernement islamo-conservateur, a rejeté la nomination du général Hasan Igsiz au poste de chef de l’armée de terre en raison de son implication supposée dans un complot qui aurait visé l’AKP.

Le rejet par le gouvernement du candidat proposé par les militaires a été considéré par de nombreux analystes comme un signe de déclin de la puissance de l’armée.

Toutefois, la promotion de deux faucons aux postes clés de l’Armée suscite des doutes sur l’avenir des relations entre le gouvernement et l’Armée, qui a déjà renversé quatre gouvernements en 50 ans et est en conflit avec l’AKP depuis son arrivée au pouvoir en 2002. (Info-Turk, 9 août 2010)
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