Quelque 300 soldats turcs ont pénétré, ce mardi, au Kurdistan irakien, la seule région encore relativement épargnée par les violences dans le pays. C’est la première incursion terrestre turque sur le sol irakien depuis le début de la crise.Quelque 300 soldats turcs ont pénétré, dans la nuit de lundi à mardi, dans le nord de l’Irak, d’où opèrent des combattants kurdes, ont annoncé les autorités kurdes. Il s’agit de la première incursion terrestre turque depuis le début de la crise, en octobre, qui a vu la Turquie menacer à plusieurs reprises d’intervenir militairement chez son voisin pour y déloger les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Cette incursion dans la région autonome du Kurdistan irakien, la seule encore relativement épargnée par les violences en Irak, a été annoncée au moment où la secrétaire d’Etat américain Condoleeza Rice effectuait une visite surprise dans la même région. Elle venait d’arriver à Kirkouk, dans le nord de l’Irak, pour soutenir les efforts de réconcilation de l’ONU dans cette région pétrolière revendiquée par les Kurdes. Déloger les séparatistes du PKK
Le président turc Abdullah Gul interrogé pour savoir s’il confirmait l’opération s’est contenté de dire que l’armée turque "faisait le nécessaire" pour combattre les séparatistes du PKK, en lutte depuis 1984 contre le pouvoir central d’Ankara. Selon l’édition en ligne du quotidien turc Hurriyet, les soldats tentaient de déloger des rebelles chassés de leurs positions par des bombardements turcs menés ce dimanche.

"Une force d’environ 300 soldats turcs est entrée à 3 kilomètres à l’intérieur du territoire irakien", a déclaré le porte-parole du gouvernement du Kurdistan irakien, Jamal Abdallad. Jabbar Yawar, porte-parole des forces de sécurité kurdes, les peshmergas, indique pour sa part que les soldats "ont pénétré dans une zone désertique où aucune force irakienne ou kurde n’est déployée. Equipés d’armes légères, à pied, ils ont pénétré de deux à trois kilomètres en territoire irakien dans le secteur de Gali Rash, une zone montagneuse de la province de Dahouk, selon lui.

Le gouvernement régional du Kurdistan irakien a condamné cette opération. "Nous condamnons cette incursion. La Turquie veut exporter le problème de son territoire vers le Kurdistan irakien", a déclaré Fouad Hussein, chef de cabinet du président de la région, Mahmoud Barzani.Accord des Etats-Unis pour le bombardement
Cette affaire risque d’aviver encore les tensions entre la Turquie et l’Irak qui avait vivement protesté après les intenses bombardements de dimanche effectués par l’aviation et l’artillerie turques dans le massif de Qandil, au Kurdistan irakien, qui abriterait environ 3.500 combattants rebelles. Selon le chef d’état-major turc Yasar Buyukanit, les Etats-Unis, alliés de la Turquie mais aussi grands soutiens du Kurdistan irakien, ont donné leur accord tacite aux raids de dimanche en fournissant des "renseignements" et en donnant la permission de pénétrer dans l’espace aérien irakien.
A Washington, le département d’Etat, qui considère le PKK comme une organisation terroriste, a refusé de commenter cette information. Le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a rappelé lundi soir aux "Etats-Unis leur engagement moral et légal concernant le respect de la souveraineté de l’Irak, du peuple irakien et en particulier du peuple du Kurdistan".http://www.lexpress.fr/actualite/monde/incursion-turque-dans-le-nord-de-l-irak_468716.html

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