Zoé Genot:

Monsieur le président, madame la ministre, le 29 octobre dernier, cinq journalistes kurdes se sont rendus devant le Parlement européen pour couvrir un sit-in de protestation contre le silence de la Turquie par rapport à la grève de la faim illimitée observée par 700 prisonniers politiques kurdes depuis le 12 septembre. Ces grévistes dénoncent l’atteinte aux droits de l’homme faite à leur chef qui ne peut, notamment, rencontrer ses avocats.
 
Les journalistes, pourtant munis de leur carte de presse, ont été empêchés par quatre agents en civil d’accéder au service presse du Parlement européen pour une demande d’accréditation. Ils ont été traités très brutalement par des agents de police (multiples hématomes sur le corps et photos) et conduits au commissariat de police, où les policiers ont continué à avoir un comportement très agressif. Étonnant dans notre pays qui se prononce en faveur de la liberté de la presse et dont le parlement francophone vient d’adopter une résolution réclamant la défense de la liberté de travail pour les journalistes, entre autres en Turquie!
 
Madame la ministre, pourquoi la police s’est-elle attaquée à ces journalistes? Pourquoi ont-ils été arrêtés? Une enquête interne a-t-elle été menée? Avec quels résultats?
 
Joëlle Milquet, ministre:

Madame Genot, le 29 octobre dernier, l’ensemble des accès au Parlement européen ont été fermés aux manifestants. Ils étaient gardés par les agents de sécurité du Parlement européen et par des policiers. La décision de refuser l’accès à des journalistes kurdes à l’entrée du Parlement européen, place de Luxembourg, a été prise par les services du Parlement européen. Votre vice-présidente y siégeant, il conviendrait peut-être aussi de poser des questions à ce niveau!
 
Ces journalistes se sont alors dirigés vers l’entrée Spinelli dans la rue Wiertz. À cet endroit, l’accès leur a également été interdit par un agent de sécurité du Parlement européen et par des policiers. Cependant, “les journalistes, accompagnés de manifestants, ont tenté de forcer le passage”, dit-on, raison pour laquelle la police aurait dû prêter main forte aux services de sécurité du Parlement européen.
 
Vu les risques d’une occupation du Parlement européen, la police a effectué des arrestations administratives. Les personnes ont alors été transférées au commissariat, où elles ont été gardées jusqu’à la fin de la manifestation.
 
À ce jour, la police de Bruxelles-Capitale n’a pas reçu de plainte pour usage injustifié ou disproportionné de la force de l’ordre, mais je ne manquerai pas en tout cas de demander des précisions aux autorités locales, à savoir le bourgmestre de la ville de Bruxelles, par rapport à la manière dont ces arrestations ont été menées. À ce stade, je ne possède pas d’éléments d’information allant dans un sens ou dans l’autre.
 
Zoé Genot:

Madame la ministre, je vous remercie pour votre réponse. À ce stade, aucune enquête sur ces événements n’aurait été menée. J’informerai les personnes concernées sur la possibilité de porter plaine. C’est vrai que, pour des journalistes accrédités depuis le Danemark ou l’Autriche, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans les mécanismes pour porter plainte ici. Il est, par ailleurs, assez étonnant de voir des journalistes munis d’une carte de presse molestés d’une telle manière.

http://www.info-turk.be/412.htm#agression

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