Attendant l’arrivée du Procureur de la République et du médecin qui ont déclaré par la suite ne pas s’être déplacés faute de protection et de sécurité, le corps de la jeune fille est restée sur le lieu du drame pendant près de six heures avant d’être transportée par la population locale au Poste de police puis à la morgue. Selon l’information lue dans l’édition électronique de Taraf, l’autopsie aurait été pratiquée rapidement par une femme de ménage et un fonctionnaire de l’hôpital public.

L’imam et un villageois ont filmé et photographié le corps vraisemblablement déchiqueté de la jeune fille pour le montrer aux autorités qui n’ont pas pris la peine du déplacement. Le frère de la victime a déclaré qu’ils ont dû ramasser eux mêmes les morceaux du corps de Ceylan Önkol, dispersés sur plusieurs arbres.

“Le mortier a frappé au niveau de son ventre. Nous avons ramassé les morceaux du corps de ma petite soeur sur les arbres. Nous avons nous – même retiré les morceaux du mortier qui se trouvaient dans le corps de ma soeur. Nous sommes restés en pleures près de son corps. Nous avons attendu plus de six heures la venue du Procureur de la République et du médecin. Nous avons appelé certains députés. Au final, le Procureur de la République nous a expliqué qu’il ne pouvait pas se déplacer faute de sécurité et qu’il fallait qu’on transporte son corps au Poste de police d’Abali. Nous avons pris un cercueil d’un autre village, nous avons placé les morceaux du corps dans une couverture et nous avons dû transporter le corps par nos propres moyens au poste de police d’Abali à Bingöl. La vie d’un être humain est-elle à ce point au bas prix? Pourquoi personne ne prend ses responsabilités?” a déclaré le grand frère de la victime.

Des délégués de l’association des droits de l’Homme de Diyarbakir (Insan Haklari Derneği -IHD) se sont rendus sur place pour examiner le lieu du drame. Selon leur représentant Serdar Çelebi, la jeune fille n’a pas pu mourrir suite à l’explosion d’une mine puisqu’il n’y avait pas de trou sur le lieu du drame. Mr Çelebi a rapporté le témoignage de quelques villageois qui ont déclaré avoir entendu une explosion après un coup de tir. ” Il peut s’agir d’un mortier ou d’une autre arme. Après l’évènement, les villageois ont informé les autorités. Mais personne ne se rend sur le lieu. Le poste de police d’Abali a chargé un imam et un villageois de filmer le lieu du drame et de faire des photos. Suite à cela, un responsable de l’hopital et du tribunal sont venus (NDLR: au commissariat) pour préparer un rapport. Dans le rapport, il a été écrit que la victime est morte à cause d’une substance explosive et que l’autopsie n’était pas utile” a rapporté à la presse Mr Celebi.

Selon les témoignages, a expliqué le délégué de l’Association des droits de l’Homme de Diyarbakir, le tir est venu du Poste de police de Tapantepe (frontière entre Bingöl et Diyarbakir). Poste de police situé à un point dominant qui lui permet de tout observer et de tout voir.

Une délégation composée du représentant de l’Association des droits de l’Homme chargé de l’Est et du Sud Est de la Turquie: Mr Ali Akinci; un avocat de Mazlum- Der: Mustafa Sarihan; un membre du barreau de Diyarbakir: Önder Üngur et un membre de l’Ordre médecins de Diyarbakir: Cengiz Günay s’est rendue le matin du 01 octobre 2009 à Lice. La délégation devrait rencontrer les villageois, les autorités militaires, le Procureur de la République et le Sous préfet qui n’ont pas enquêté sur l’affaire. La délégation devrait rédiger un rapport qu’elle rendra publique. (BERSIV: Firat news agency, Haber Diyarbakir, Taraf, 1 octobre 2009)

http://www.info-turk.be/374.htm#mort

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