Si, selon mes observations, les autorités turques ne réagissent pas en prenant en compte les intérêts du pays et du peuple, ces affrontements amèneront la Turquie vers une guerre civile.
    
Il y a une semaine, deux districts, Dörtyol (district de Hatay) et Inegöl (district de Bursa), sont devenus les foyers d’un soulèvement des ultranationalistes turcs qui veulent briser la volonté du peuple kurde dont les droits fondamentaux sont bafoués : les habitations et les lieux du travails des Kurdes vivants dans ces deux districts et les locaux du BDP (principal parti kurde en Turquie) ont été attaqués  et, au lieu d’empêcher ces agressions et d’arrêter les coupables, la police et la gendarmerie ont protégé les agresseurs ; ce comportement a été encouragé par le gouvernement d’AKP.

Le 29 Juillet dernier, un groupe de députés du BDP ont voulu se rendre sur les lieux, le district de Dörtyol,  pour étudier la situation  et visiter les Kurdes victimes des agressions. Mais, ce groupe des députés a été empêché par le gouverneur de Hatay, à la demande des agresseurs et sur ordre du ministère de l’intérieur : nul ne peut donc nier que le gouvernement turc a ouvertement pris la position en faveur des fauteurs de trouble.

La police turque fait, ces derniers jours, des opérations dans plusieurs villes. Des dizains de Kurdes sont arrêtés pour avoir participé aux activités dont le but est de revendiquer les droits démocratiques.
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Après un long processus de protestation  lancé par des organisations des droits de l’homme, dont Amnesty International, les autorités turques ont commencé, avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle,  à libérer des enfants kurdes emprisonnés, certains depuis plusieurs années, pour avoir jeté des pierres sur les forces de l’ordre, La nouvelle législation abolit également les articles de loi autorisant les tribunaux pour adultes à juger des mineurs.
Entre 2006 et 2008, 2.500 mineurs, environ, âgés de 12 à 18 ans, ont été présentés à des tribunaux pour enfants ou pour adultes. 200 mineurs, environ, sont actuellement en prison.
Je dois dire que la loi antiterroriste a été utilisée par l’Etat turc comme un moyen de briser la lutte du peuple kurde. Si le gouvernement d’AKP abolit, aujourd’hui, cette loi, c’est qu’il veut se donner une image démocratique pour demander les votes des Kurdes en faveur du changement de la constitution, qui aura lieu le 12 Septembre prochain.
Dans ce processus, le PKK affirme que ses combattants sont prêts à déposer les armes sous certaines conditions, notamment si Ankara accepte un cessez-le-feu et un dialogue. Dans un entretien à la BBC, Murat Karayilan, un des responsables du PKK, a déclaré que, si le problème kurde est résolu de façon démocratique via le dialogue, ils sont prêts à déposer les armes.
Je me permets de répéter ce que je dis souvent ; malgré toutes les politiques hostiles aux Kurdes, notre peuple se déclare toujours en faveur de la paix et prône une solution pacifique. Si, aujourd’hui, des institutions internationales, comme par exemple, les Nations Unies ou l’UE, prenaient des initiatives en faveur du règlement de ce conflit, une grande force intellectuelle kurde se mettrait à leur disposition pour trouver les bons moyens nécessaires.
01.08.2010

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