Muharrem Erbey a été arrêté à l’aube du 24 décembre 2009, alors qu »il venait  de s’exprimer devant les parlements belge, suédois et britannique sur la situation des Kurdes en Turquie,
Il est détenu sans avoit été jugé depuis deux ans et quatre mois à la prison de Type D de Diyarbakir.

Muharrem Erbey, avocat et vice-président de la plus importante structure turque de défense des droits de l’homme, Insan Haklari Dernegi – IHD –(la Ligue Turque des Droits de l’Homme) et président de sa branche de Diyarbakir, a été arrêté à l’aube du 24 décembre 2009, pour appartenance à une « organisation illégale », bien que la section qu’il préside soit une association officiellement enregistrée.
Après la dissolution du Parti pour une Société Démocratique, le 11 décembre 2009, par la Cour Constitutionnelle de Turquie, 94 Maires, les membres des Conseils Généraux des Régions et les membres des Conseils Municipaux avaient adhéré, le 23 décembre 2009, au Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP). Moins de 24 heures après leur passage du parti interdit, le DTP, au BDP, une opération de police a été menée visant ce parti dans plus de 11 villes. Plus de 80 personnes, dont le co-Président du Congrès de la Société Démocratique (DTK) ainsi que 9 Maires, ont été interpelés.
Selon l’IHD, l’opération contre le nouveau Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP) s’est déroulée au mépris de toute règle de droit : des appartements ont été endommagés, des portes défoncées et les personnes ont été mises en garde à vue de façon tout à fait arbitraire. Après l’arrestation de Me Erbey, la police a perquisitionné tous les bureaux de la section d’IHD à Diyarbakir – alors que le mandat apporté ne leur permettait, à l’origine, que de fouiller le bureau de Muharrem Erbey. Cette attaque au droit d’association des membres de la section de Diyarbakir s’est accompagnée de la confiscation de la quasi-totalité des dossiers et des fichiers informatiques de l’association.
Le 18 octobre 2010, a commencé le procès de Muharrem Erbey et de 151 des plus importants prévenus, dont 3 anciens députés, 25 maires, maires-adjoints et anciens maires, les 3 vice-présidents du DTP, etc.  

Le réquisitoire de 7578 pages établi par le Procureur de la République de Diyarbakir a été validé le 18 juin 2010 par la 6ème chambre de la Cour d’assises de Diyarbakir. Il requiert des peines d’emprisonnement allant de 15 ans à la perpétuité, contre 151 personnes, dont 103 sont détenues. Parmi les prévenus, on compte 28 dirigeants du Parti pour une Société Démocratique (DTP) qui a été interdit, 12 maires, dont Osman Baydemir, maire de Diyarbakir, 2 présidents de Conseils Généraux et 2 conseillers municipaux.
Le secret opposé aux avocats des trois défenseurs sur le contenu du dossier qui justifiait leur détention et mise en accusation, la mise en cause de personnalités et notamment des trois défenseurs en raison de leurs activités de défense des droits de l’Homme en Turquie, font craindre des atteintes massives au droit à un procès équitable.
Muharrem Erbey a été arrêté à l’aube du 24 décembre 2009, alors qu »il venait  de s’exprimer devant les parlements belge, suédois et britannique sur la situation des Kurdes en Turquie, a pris part au festival du film kurde en Italie ainsi qu’à une conférence sur la Constitution (Constitution Workshop – Anayasa Çalistayi) organisée par les associations du barreau local et le Congrès de la Société Démocratique. En juillet 2009, avec l’IHD d’Amed (Diyarbakir), il avait organisé une conférence de presse, après la publication du rapport semestriel sur les violations des droits de l’homme dans la région du Kurdistan depuis le début de 2009. Selon le rapport, les atteintes aux droits de l’Homme, pour ce premier semestre, se comptaient au nombre de 131 249 et 112 018 personnes ne pouvaient plus bénéficier de la carte verte au motif qu’elles ont voté pour le DTP lors des élections municipales.

Muharem Erbey est détenu depuis deux ans et quatre mois à la prison de Type D de Diyarbakir.
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Un prix créé en France devenu chaque année l’hommage du barreau international à un avocat du monde.

Créé en 1984, le « Prix International des Droits de l’Homme – Ludovic-Trarieux » est décerné à « un avocat sans distinction de nationalité ou de barreau, qui aura illustré par son œuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des droits de l’Homme, des droits de la défense, la suprématie du droit, la lutte contre les racismes et l’intolérance sous toutes leurs formes ».

Il est la plus ancienne et la plus prestigieuse des récompenses réservées à un avocat puisque son origine remonte au message de Ludovic Trarieux (1840-1904), fondateur, en 1898, au moment de l’Affaire Dreyfus, de la « Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen » : « Ce n’était pas seulement d’ailleurs la cause isolée d’un homme qui était à défendre, c’était, derrière cette cause, le droit, la justice, l’humanité ».

Un an après sa création, le Premier Prix a été attribué le 27 mars 1985 à Nelson Mandela alors emprisonné depuis 23 ans en Afrique du Sud. Il a été remis officiellement à sa fille, le 27 avril 1985, en présence de quarante bâtonniers venus d’Europe et d’Afrique. C’était alors le premier prix qui lui était décerné en France et le premier dans le monde par des confrères avocats. Cinq ans plus tard, le 11 février 1990, Nelson Mandela était libéré. A partir de cette date, le prix a été de nouveau attribué.

Depuis 2003, le prix est devenu l’Hommage désormais annuel des avocats à un avocat du monde. Il est décerné conjointement par l’Institut des Droits de l’Homme du Barreau de Bordeaux, l’Institut de Formation en Droits de l’Homme du Barreau de Paris, l’Institut des Droits de l’Homme du Barreau de Bruxelles, l’Unione forense per la tutela dei diritti dell’uomo (Rome) et l’Institut des Droits de l’Homme des Avocats Européens (IDHAE)), dont sont membres de grands barreaux européens investis dans les droits de l’homme au nombre desquels la Rechtsanwaltskammer de Berlin, le barreau de Luxembourg ou le Conseil National des barreaux de Pologne (Varsovie) et l’Union Internationale des Avocats (UIA) Il est remis aux lauréats alternativement dans une des villes où chacun des instituts exerce son activité.

LAUREATS DEPUIS
1984

1985 : Nelson MANDELA (Afrique du Sud)
1992 : Augusto ZÚÑIGA PAZ (Pérou) †
1994 : Jadranka CIGELJ (Bosnie-Herzégovine)
1996 :  Najib HOSNI (Tunisie) et Dalila MEZIANE (Algérie)
1998 :  ZHOU Guoqiang (Chine)
2000 :  Esber YAGMURDERELI (Turquie)
2002 :  Mehrangiz KAR (Iran)
2003 :  Digna OCHOA et Bárbara ZAMORA (Mexique).
2004 :  Akhtam NAISSE (Syrie)
2005 :  Henri BURIN DES ROZIERS (Brésil)
2006:  Parvez IMROZ (Inde)
2007 :  René GÓMEZ MANZANO (Cuba)
2008 :  U AYE MYINT (Birmanie)
2009 :  Beatrice MTETWA (Zimbabwe)
2010 :  Karinna  MOSKALENKO (Russia)
2011 :  Fethi TERBIL (Libye)

 

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