Dans les textes grecs qui restent la principale source historique sur les Perses, on parle très tôt d’un fondateur ou plutôt d’un réformateur de la religion des Mèdes et des Perses, il s’agit de Zoroastre ou Zarathoustra. Il réforme la religion locale et, dès le départ, il est en butte à l’opposition du clergé existant "les mages".L’époque où il a vécu est historiquement difficile à confirmer, on a des écarts de plus ou moins quatre siècles. Les historiens avancent des dates qui vont du 11ème au 7ème siècle avant J.C..
Avant d’évoquer l’histoire et le contenu du zoroastrisme, il me semble important de parler au préalable des peuples au sein desquels cette religion s’est développée: les Indo-Européens de la branche aryenne.
D’après les recherches archéologiques les plus récentes, on peut penser à juste raison que le berceau des Indo-Européens dont font partie les Ariani ou Aryens, se trouverait au sein des vastes steppes qui vont du Dniepr à l’Oural. C’est dans ces régions que se développèrent des tribus nomades ayant domestiqué le cheval.
Cette région avec son prolongement qu’est la plaine qui s’étend de l’Oural jusqu’aux monts Altaï a connu une période climatique particulièrement favorable pour les peuples pasteurs nomades après la dernière glaciation soit après 7000 avant J.C., la domestication du cheval et l’utilisation de la roue ont favorisé leurs déplacements. Cette vaste région sera, au cours des siècles, un réservoir de populations qui, pour des raisons diverses, se mettront en branle dans le but de rejoindre des régions plus riches où sont installés des sédentaires. C’est ainsi que, dans la deuxième partie du deuxième millénaire avant J.C., la branche indo-aryenne descendra vers le sud en longeant la Caspienne soit par l’est soit par l’ouest. Historiquement, ils ne sont pas les premiers Indo-Européens à descendre vers le Moyen-Orient, ils ont été précédés par les Luwites et les Hittites qui fonderont, vers 1700 avant J.C., un empire important en Anatolie Centrale.
Les Indo-Aryens se diviseront en deux branches: l’une descendra jusque dans le Pakistan et l’Inde actuels, l’autre branche, à savoir la branche aryenne ou en terme moderne iranienne, se fixera sur un vaste territoire qui va se la rive sud de la Caspienne jusqu’au Nord de l’Indus, englobant le Kurdistan, l’Iran, le Tadjikistan et l’Afghanistan actuels. Ces populations se mêleront aux Asianiques installés dans ces régions dont les Elamites, les Kassites et les Guti.
Les Aryens ont, à cette époque, des coutumes religieuses dont on sait peu de choses et, curieusement, pratiquement uniquement par des textes écrits d’auteurs grecs et ce dès le septième siècle avant J.C.. A leur arrivée au sud de la Caspienne, ils étaient probablement essentiellement polythéistes avec des traditions magiques importantes et des démons à craindre. On sait cependant qu’ils avaient une hiérarchie sacerdotale importante et bien établie. L’existence de ces prêtres est d’ailleurs une caractéristique de l’ensemble des peuples indo-européens. En effet, autant les Celtes que les Aryens et les Indiens sont divisés en trois castes principales: – la caste sacerdotale qui est la caste dominante ( druides, brahmanes, mages… ) – la caste des guerriers – la caste des paysans Les Mèdes sont les premiers Aryens dont on parle dans l’histoire de l’Antiquité, ils seront vaincus par leurs frères ethniques du sud, les Perses qui auront un vaste empire qui durera du septième au troisième siècle avant J.C. jusqu’à la conquête par Alexandre de Macédoine.
Dans les textes grecs qui restent la principale source historique sur les Perses, on parle très tôt d’un fondateur ou plutôt d’un réformateur de la religion des Mèdes et des Perses, il s’agit de Zoroastre ou Zarathoustra. Il réforme la religion locale et, dès le départ, il est en butte à l’opposition du clergé existant "les mages".
L’époque où il a vécu est historiquement difficile à confirmer, on a des écarts de plus ou moins quatre siècles. Les historiens avancent des dates qui vont du 11ème au 7ème siècle avant J.C.. La date la plus ancienne se base surtout sur l’idiome utilisé dans les Gâthâ, un des recueils de la littérature avestique. D’après les textes, il apparaît que Zoroastre s’adresse à des peuples s’occupant surtout d’élevage et pas encore vraiment d’agriculture ce qui confirmerait l’ancienneté de cette date. Si, par contre, on retenait la date du 7ème siècle, il est intéressant de rappeler que cette période est une phase charnière dans l’histoire de la pensée humaine puisque c’est à cette époque qu’on situe Bouddha, les prophètes d’Israël, les débuts de la philosophie grecque et l’achèvement de la construction du brahmanisme.
On retrouve dans la religion primitive des noms proches de ceux des dieux védiques et des divinités déjà honorées chez les Hittites et les Mitanniens, à savoir: Mithra: dieu du soleil et de la lumière Aryaman: dieu des voies et des traditions magiques Varuna ou Arunna: dieu de la mer et de l’ordre du monde Indara ou Indra: dieu du pouvoir.
On trouve également Anahita: mère des dieux et déesse de la fécondité et l’Haoma, liqueur mystérieuse qui procure l’ivresse sacrée.
Zoroastre, dans sa réforme, dénonce les prêtres comme étant des hommes hypocrites, il s’oppose aux rituels magiques et omniprésents et aux sacrifices trop sanglants et violents. Il veut donner à la religion une signification morale et religieuse. Il dégage un grand dieu "Ahura Mazda", dieu de la lumière, représenté dans l’iconographie sous la forme d’une tête d’homme avec des ailes d’aigle et nimbé de lumière. A ce dieu protecteur, il oppose un principe ennemi et dangereux, Ahriman, probablement une altération de Aryaman, dieu des cultes magiques. Les dieux auront des avatars comme dans le culte védique, le plus connu est Mithra qui prendra une énorme importance dès le 1er siècle après J.C. au sein de l’Empire romain.
C’est le dieu Ahura Mazda qui a donné son nom au mazdéisme, autre manière de parler du zoroastrisme. Il est le bon esprit, la sagesse divine qui anime toutes choses. Ce bon esprit peut être philosophiquement rapproché du Logos des gnostiques.
Le mazdéisme a un livre sacré, "l’ avesta", écrit dans une langue obscure appelée avestique. Des orientalistes l’attribuent à Zoroastre. Il est truffé de mots mystérieux qui semblent avoir été intentionnellement utilisés afin de prouver qu’il s’agit d’une révélation par dieu lui-même, nous sommes donc en présence de la première religion dite "révélée". Le livre sacré appelé le "Livre de la révélation de la vérité" devait être très vaste au départ mais beaucoup de textes ont été perdus à l’époque de l’invasion grecque.
Ce n’est qu’à l’époque des Sassanides soit entre 262 et 651 après J.C. que les prêtres mazdéens, rassemblèrent l’ensemble des écrits en vingt et un livres. Ces livres reprennent des rituels de sacrifices, des textes à réciter, des hymnes, des prescriptions et des prières ainsi que des mythes cosmogoniques.
De toute la littérature avestique, les Gâthâ sont les textes les mieux assurés, selon la tradition, ils proviendraient de Zoroastre lui-même. Ces Gâthâ sont actuellement insérés dans le Yasna: rituel du sacrifice du Haoma. Leur langue est très ancienne, proche du védique. Dans ces Gâthâ, à côté des rites sacrificiels, on parle également des relations de Ahura Mazda avec les esprits bienveillants.
Nous avons aussi les Yasut où sont décrits les mythes, les héros qui nous replacent pour la plupart dans la mythologie védique. Les Yasut représentent plus que probablement l’ancien panthéon indo-aryen, donc antérieur à la réforme zoroastrienne. Il est difficile de comprendre la persistance de certains de ces textes qui décrivent des rites sanglants et magiques alors que la réforme zoroastrienne consiste en une répudiation de toute pratique orgiaque. Peut-on estimer que nous sommes en face d’une sorte d’ancien testament face à un nouveau testament où Zoroastre s’oppose, entre autres, au déroulement violent du sacrifice bovin, animal, par ailleurs, protégé par excellence dans le monde hindouiste.
Revenons à la doctrine, le mazdéisme est essentiellement un système dualiste avec un dieu bon Ahura Mazda qu’on appellera plus tard Ormuz et un dieu mauvais Ahriman, lui-même autonome et éternel mais inférieur au dieu du bien dont l’infériorité n’est pas décrite en terme de chute ou de déchéance mais inhérente à sa nature. Ce système dualiste tente de répondre à une question essentielle: si dieu est bon pourquoi y a-t-il le mal? La réponse du mazdéisme est: "le dieu bon a créé un monde bon, perverti par un dieu mauvais".
Aux côtés de ce dieu bon, existent les anges de lumière, les Amesha Spentas ou Azura qui sont des esprits bienveillants, Zoroastre conserve également les réminiscences des cultes précédents avec d’autres esprits bienveillants: les Vazatu dont les principaux sont Mithra ( dont l’importance ne cessera de grandir dans le culte ), Verthdragna et Anahita qui, elle, a été fortement influencée par la Ishtar babylonienne.
Pour Zoroastre, contrairement à d’autres religions dualistes ultérieures, il ne faut pas s’abstraire du monde mais le considérer comme une sphère de combat de la lumière contre les ténèbres et, ce, en accomplissant les bonnes actions dans un désir de bien. Pour le mazdéisme, l’âme est, à l’image du monde, un champ de bataille entre le bien et le mal. L’homme est doué de libre arbitre et, contrairement aux religions de l’époque, il n’est pas le jouet inconscient des dieux, il peut choisir entre la lumière et le mensonge. Le code de morale est simple, seul est juste et bon l’homme qui ne fait pas à autrui ce qu’il ne juge pas convenir à lui-même. Le pire des péchés est l’incroyance, comme dans le christianisme jusqu’il y a peu et l’islam, l’apostat doit être mis à mort. Le mazdéisme recèle également un grand puritanisme sexuel, la fornication et l’adultère ne peuvent être pardonnés. L’onanisme est puni du fouet. Ce puritanisme, peu répandu à l’époque, va se retrouver dans les monothéismes qui vont lui succéder.
Sur le plan rituel, la lumière divine, lumière du ciel est symbolisée sur terre par le culte du feu ou plutôt des feux. Ceux-ci ont d’ailleurs des valeurs ou importances différentes; il y a le feu d’un roi, le feu d’un prêtre, le feu d’un maçon etc.. (n’oublions pas que nous sommes dans une société de castes). Ces feux sont purifiés et l’on ne retient que le feu résultant d’ignitions répétées. Celui-ci est installé dans un temple consacré et ce feu doit être gardé et entretenu indéfiniment. On peut penser aux vestales du monde romain qui pratiquaient un culte similaire. Ils restent quelques vestiges de ces temples de feu datant de la période achéménide et on peut visiter à Yazd un temple zoroastrien où le feu est conservé depuis plusieurs siècles.
On a parlé de la caste sacerdotale que les Grecs ont appelé "mages" (magoi) ce qui donnera le mot magie. Ces mages ne s’occupaient pas principalement de magie ou de divination mais développaient surtout une haute spiritualité qui faisait référence dans tout le Moyen-Orient, ce qui explique que les évangélistes chrétiens avaient cru bon de s’y référer comme témoins de la naissance du Christ.
Nous avons parlé des esprits bienveillants, les Azura. Ahriman lui aussi a des aides, ce sont les Deva, les diables. Ce sont eux qui dans les monothéismes deviendront Satan, Chaïtan, Iblis, Belzébuth etc.. Il est assez curieux de constater que dans l’hindouisme, les Deva sont au contraire des esprits bienveillants et les Azura des démons.
Dès les Gâthâ, il y a dans l’eschatologie un passage discriminatoire, le pont Cinvat, qui conduit après la mort à un enfer régi par l’esprit mauvais, un purgatoire et un paradis séjour des bienheureux dans la lumière du dieu bon. Il est aussi question d’un jugement dernier quand, après un ultime combat, le monde sera délivré d’Ahriman et les justes se lèveront. On est bien en présence de la résurrection des corps dans un monde délivré du mal. Dans l’avesta, il est également question de "daena" qui deviendra "den" puis "din", c’est la religion, le corps de croyance en l’âme qui touche au transcendant. Certains linguistes orientalistes pensent d’ailleurs que le mot arabe "din" religion aurait cette origine et non pas la racine sémitique dyn (juger).
Dans les Gâthâ, on parle également d’un roi Vistapa, qui aurait protégé Zoroastre, certains ont pensé qu’il pouvait s’agir du père de Darius l’Achéménide ce qui pourrait donner un cadre historique à l’action de Zoroastre, mais cela paraît fort peu probable. Si Ahura Mazda est présenté, après Cyrus, comme le dieu prééminent et, ce, dans toutes les inscriptions rupestres, on ne trouve une trace vraiment importante du Mazdéisme que sous Artaxerxés II où l’on cite non seulement Ahura Mazda mais aussi Mithra et Anahita.
Il nous faut également parler d’une coutume dite zoroastrienne qui concerne l’exposition de cadavres pour qu’ils soient décharnés par les oiseaux de proie ou d’autres charognards dans des tours à ciel ouvert appelées "tours de silence". Les os sont rassemblés dans des ossuaires creusés dans le roc afin de na pas rendre la terre impure par le contact des charognes. Pour le zoroastrisme, à l’inverse de l’hindouisme, l’incinération est un péché majeur. Cette coutume des tours de silence paraît cependant assez tardive, en tous cas, elle ne fut pas observée pour l’enterrement des rois Achéménides. Cyrus, entre autres, fut enterré dans un tombeau autour duquel, selon la vieille coutume steppique, furent enterrés des chevaux massacrés en sacrifice propitiatoire et ce, comme sont enterrés, entre autres, les princes scythes et ceux de la civilisation de Kourgan.
Il nous paraît utile de parler brièvement du rôle des femmes dans la société aryenne aux temps anciens, elles occupaient une position élevée, elles possédaient des biens et les géraient seules. Après Darius et probablement sous l’influence des sociétés sémitiques environnantes, sa situation commence à empirer, surtout dans les classes aisées, les femmes vont finir par connaître la réclusion.
Il est indispensable pour bien comprendre le mazdéisme et le millénarisme qui va en découler de donner un aperçu de sa notion d’ordre cosmique. Le temps était divisé en douze millénaires avec quatre périodes de trois mille ans.
* durant la première période, Ahura Mazda a créé un monde spirituel avec des anges et des pré-hommes
* durant la deuxième, le monde devient matière avec le règne d’un premier homme, Gayomart, accompagné d’un taureau originel
* durant la troisième, arrive Ahriman qui tue le taureau puis Gayomart et engendre les deva ( les démons ) – la semence de Gayomart donnera les hommes, celle du taureau, toutes les espèces animales
* la quatrième période commence avec l’arrivée sur terre de Zoroastre envoyé par Ahura Mazda pour combattre Ahriman mais il ne réussit pas complètement
* A sa mort, on prévoit l’arrivée, mille ans après, d’un autre prophète qui aidera à éliminer le mal et à précipiter les pécheurs en enfer et à conduire les bons au paradis ( ceci explique le succès en Iran des prophètes tels Manès et Mahomet ).
A la fin des temps, s’incarnera à nouveau Zoroastre sous la forme du "sauveur" et ce sera le règne vainqueur d’Ahura Mazda. Ceci explique le côté millénariste du chï’isme qui a pris la place du mazdéisme en Iran et l’attente de l’Imam caché.
Passons à l’histoire du mazdéisme, nous avons signalé que l’époque exacte de l’existence de Zoroastre est inconnue. Il est donc impossible de retracer l’histoire de cette religion depuis son origine, nous savons qu’elle existe sous les Achéménides et perdure dans l’empire parthe. Ce n’est cependant qu’avec la dynastie Sassanide (du début du 3e siècle au 7e siècle après J.C.) que le mazdéisme devient religion d’état. Avec l’instauration officielle de cette religion, nous avons pour, probablement, la première fois dans l’histoire l’apparition d’une religion institutionnelle et obligatoire pour l’ensemble d’une région avec une hiérarchie sacerdotale chargée de veiller sur l’orthodoxie et de pourchasser les hérésies. Mais cette religion ne se veut pas universelle et ne pratique pas le prosélytisme auprès des ethnies étrangères. Les prêtres auront pour tâche de recueillir tous les écrits existants et leurs codifications, ces écrits étaient très épars et rares, on les trouva dans des sanctuaires ou "trésors". A cette tradition écrite s’ajouta la tradition orale qui, comme dans la plupart des civilisations indo-européennes, avait un rôle essentiel. Le principal instigateur de ce travail semble avoir été le mage Karlir, sous Shahpur 1er et Bahrâmi II. Il y eut de nombreux courants et même des espèces d’hérésie dont le "zurvanisme" ( deux être primordiaux jumeaux, Ahura Mazda et Ahriman).
Après la conquête arabe en 651, la communauté zoroastrienne fut fortement ébranlée même s’il est singulier de constater que la plupart des écrits qui nous sont parvenus datent de cette époque. Le mazdéisme obtint le statut de religion du livre au même titre que les sabéens, les chrétiens et les juifs. Vers les 10e et 11e siècles, un grand nombre d’Iraniens persécutés émigra vers l’Inde, ce sont les Parsis qui ont conservé leur religion jusqu’à ce jour. Ils forment une communauté vivante et riche. En Iran, il y a encore des zoroastriens, surtout dans la région de Yazd où brûle toujours le feu sacré, par contre Khomeyni a interdit les tours de silence et les zoroastriens sont obligés d’enterrer leurs morts.
Cet aperçu très général et nullement exhaustif du zoroastrisme permet cependant de constater combien cette doctrine influença les monothéismes qui lui ont succédé, on peut estimer que ceux-ci lui sont redevables de:
* l’existence des anges
* l’existence des démons
* l’existence d’un clergé
* l’existence du paradis et de l’enfer, le jugement dernier
* l’immortalité de l’âme et la résurrection des corps
Plus important encore est la théorisation du mal par Zoroastre qui va en profondeur influencer les trois religions monothéistes, nous assistons à l’émergence d’un principe du mal contre lequel il faut lutter par de bonnes actions. Cette théorie entraîne la notion de péché et de culpabilité pour l’homme qui est censé être libre de choisir entre le bien et le mal. En fin de compte, il y a récompense, le paradis, ou punition, l’enfer. Cette notion va conditionner la vie des adeptes des trois religions monothéistes. On pourrait dire que la notion du péché judéo-chrétien pourrait à plus juste titre s’appeler le complexe mazdéo-judéo-chrétien.
Il nous faut évoquer l’importance du mithriacisme qui est une branche hérétique du mazdéisme et qui a pris une importance considérable dans l’empire romain surtout parmi les légions et qui s’est répandu jusqu’en Angleterre où on a retrouvé les vestiges d’un temple de Mithra. Il faut rappeler que c’est la victoire de l’empereur Constantin avec des légions chrétiennes contre Maxence à la tête de légions adeptes de Mithra qui assura la victoire du christianisme dans l’empire romain. Rappelons que la date du 25 décembre fixée pour pérenniser la naissance de Jésus reprend tout simplement la date de renaissance du dieu solaire au solstice d’hiver.
Dans les religions qui ont été fortement influencées par le dualisme mazdéen, citons le manichéisme, doctrine prêchée par Manès, qui met en évidence la lutte du bien ou lumière contre le mal ou ténèbres, avec un homme de matière créé par un démiurge mauvais ce qui fait de la matière charnelle, le symbole du mal et qui oblige les âmes à s’en détacher pour s’en libérer. Le manichéisme sera longtemps un rival du christianisme, Augustin, père de l’Eglise, fut d’abord manichéen. Le manichéisme influencera les communautés chrétiennes des pauliciens d’Arménie et de Syrie qui seront au 8e siècle déportés en Anatolie et en Thrace (la Bulgarie actuelle). Cette émigration donnera naissance aux bogomiles, dans les Balkans, aux patarins en Italie, aux ketters en Flandre, aux bougres en France du Nord et aux cathares en Occitanie. Ils seront la plupart du temps traités en hérétiques et persécutés.
 

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