En Syrie, depuis la création de la république en 1946, les Kurdes sont toujours victimes d’une politique discriminatoire. Aujourd’hui encore il y’a des dizains de milliers de Kurdes qui n’ont pas de pièce d’identité et ceux n’ont pas le droits d’avoir la propriété, leurs enfants ne peuvent pas aller à l’école.

Depuis des décennies ces Kurdes de Syrie réclament la reconnaissance de leur langue, de leur culture et ils veulent être traités comme des citoyens à part entière. Parmi les revendications des Kurdes il y’a aussi la reconnaissance des droits politiques et administratifs.

Depuis 1990 les Kurdes sont dans un processus historique pour leur avenir dans la région. Après la guerre du Golf, en 1991, la partie du Kurdistan Irakien a été placé sous contrôle des Nations Unies et après la chute du régime de Saddam Hussein elle a eu son autonomie régionale dans le cadre des frontières d’Irak. Cette partie du Kurdistan gagne une importance de patrie nationale pour tous les Kurdes. Comme nous le savons tous, avec la lutte menée par le PKK et celle des autres organisations kurdes, en Turquie certains droits sont reconnues pour la population kurde vivant dans les frontières officielles de ce pays. Malgré cela, il y’a encore un long chemin à parcourir afin d’avoir une bonne reconnaissance des droits culturelles et politiques des Kurdes en Turquie.

Maintenant c’est le tour des Kurdes de Syrie à avoir la reconnaissance de leurs droits. Ces Kurdes luttent depuis une trentaine d’années, ils ont joué un rôle important dans le processus du progrès de la lutte menée par le PKK. C’est pourquoi le Parti de l’Union Démocratique (PYD) (Le parti qui représente la moitié des Kurdes en Syrie) est soutenu par le PKK.

Au-delà de l’urgence humanitaire, la chute du régime baasiste est donc devenue pour Ankara un enjeu sécuritaire. A cause du lien étroit entre le PYD et le PKK, les autorités turques ne veulent pas laisser une reconnaissance officielle du PYD dans le rang de l’opposition syrienne. Selon les dirigeants de l’opposition syrienne, accorder trop de droits aux Kurdes risquerait de déplaire à la Turquie. Donc, il est difficile de prédire comment se terminera ce bras de fer, mais une chose est sûre: la position des Kurdes de Syrie, comme ce fut le cas en Irak, n’en sera que renforcée désormais.

Après le « cessez-le-feu », déclaré suite à l’intervention des Nations Unies, entre les forces de sécurités syriennes et la rébellion, les forces paramilitaires se sont retournées vers les Kurdes. Le 10 mai dernier, dans une attaque des ces forces  paramilitaires contre un cartier des Kurdes à Alep, au moins 8 personnes ont été tuées et 30 autres blessées. Il parait que le régime baasiste ne laissera pas tranquille les Kurdes et réorganisera de même attaques.

Mais, malgré tout, les dirigeants kurdes de Syrie croient qu’un système fédéral, leur garantissant la citoyenneté, le droit de propriété, un système éducatif en langue kurde et une répartition équitable des recettes budgétaires peut être une solution pour la question kurde.

Malgré que le conseil national syrien a promis déjà, si le régime de Bachar el-Assad est renversé, d’instituer un conseil présidentiel à la tête du pays et d’accorder aux Kurdes un gouvernement autonome et une reconnaissance de son identité les Kurdes ne peuvent pas y croire. Car, dans les rangs de l’opposition syrienne il y’a aussi une distance envers les Kurdes. Certains d’entre eux ne cachent pas leurs craintes de voir les revendications des Kurdes déboucher sur une tentation sécessionniste. Ainsi, nous savons que la Turquie est derrière de ce conseil et elle ne veut pas que les Kurdes de Syrie aient les mêmes droits que ceux d’Irak. Les autorités turques craignent que le même droit puisse être revendiqué par les Kurdes au Nord du Kurdistan (Kurdistan de Turquie).

Malgré que, depuis le commencement des soulèvements populaires, le PYD a pris une position proche du régime de Bachar el-Assad, et que je trouve cela comme une faute stratégique, il n’y a aucune autre solution, soit pour l’opposition soit pour la Turquie, les Etats Unies et l’UE, de connaitre le PYD comme une force importante parmi les organisations des Kurdes de Syrie. Et une solution sur la base d’une autonomie régionale des Kurdes est indispensable dans ce pays.  
 
14.05.2012
Journaliste / Ecrivain  /  Strasbourg

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