L’Etat turc est devenu fou: M. Ozan Kiliç, président de notre organisation partenaire Kurdî-Der, dans le Nord du Kurdistan, a été arrêté!

La lutte kurde s’engage contre le déni d’identité, l’assimilation et l’anéantissement total. Depuis la fondation de l’Etat de la Turquie, de nombreuses langues, cultures, religions et peuples ont été niés, ce qui a amené à leurs disparitions. La politique de l’Etat turc a jusqu’à présent été menée dans ce sens.

Une de ces groupes en danger est le peuple kurde. Il a connu le génocide, le déni et la répression. Mais il a depuis le début mené une lutte sans relâche pour survivre. Cette bataille est encore loin d’être terminée.

L’Etat turc n’a pas donné de possibilité de débat démocratique. Toutes les demandes des Kurdes ont été bafouées dans leurs droits. Depuis les années 90, la lutte des kurdes a été réprimée. Sous le prétexte d’une « lutte contre le terrorisme », des politiciens kurdes ont été arrêtés dans diverses opérations, emprisonnés et punis. De nombreuses organisations politiques, sociales, culturelles et professionnelles ont été jugées, poursuivies et fermées.

C’est dans ce contexte que le 25 mai 2016 M. Ozan Kiliç, le co-président de Kurdî-Der (Centre pour la recherche et la promotion de la langue kurde), notre partenaire pour le projet “Ez Mafen xwe dizanim” (dans le cadre d’Erasmus+ et financé par la Commission Européenne), a été arrêté. Kurdî Der est une organisation légitime et respectée, qui se dédie à la langue kurde. L’arrestation de M. Ozan Kiliç ne fait que confirmer la menace de disparition qui pèse sur cette langue. Elle montre que l’Etat turc ne veut pas voir la réalité et mène la même politique que dans les années de sa fondation, c’est-à-dire, une politique d’assimilation et d’éradication.

L’Etat turc doit changer de toute urgence sa politique à l’égard des autres groupes ethniques et religieux du pays. Pour construire une bonne société démocratique, nous avons besoin d’un processus de démocratisation. Jusqu’à présent, l’Etat n’a pas pu éradiquer les Kurdes complètement, et à partir d’aujourd’hui ça ne sera plus possible.

La communauté internationale a également sa part de responsabilité car elle garde le silence face aux crimes perpétrés par l’Etat turc envers les non-Turcs du pays. Le fait que la Turquie soit membre de l’OTAN, qu’elle soit à la porte de l’UE et qu’elle ait signé de nombreux traités pour respecter les droits humains et des peuples, ne veut pas dire qu’elle puisse continuer à mener ses politiques génocidaires et agressives en toute impunité.

Nous appelons les autorités turques à arrêter la criminalisation des politiciens kurdes, des militants des droits de l’homme, des journalistes et des écrivains.

Nous demandons à la communauté internationale de condamner l’Etat turc, l’état de l’agression et à prendre des mesures concrètes afin qu’il y ait des résultats visibles.
Toutes les formes d’oppression contre la langue kurde, la culture, la religion et l’identité, doivent cesser. Nous ne pouvons parler d’une société démocratique que s’il y a égalité dans tous les domaines et tolérance à l’égard de l’autre.

Nous, de l’Institut kurde de Bruxelles, déclarons notre solidarité avec Kurdî Der, notre organisation partenaire (avec Pro Humanitate, l’Allemagne et l’Université de Cracovie, Pologne), et son co-président M. Ozan Kiliç. Nous allons continuer à travailler à la démocratisation de la Turquie, où les différences doivent être respectées. Nous sommes convaincus que ces différences constituent la beauté et la richesse du pays.

Bruxelles, 27/05/2016

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