Samedi à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, plus de 5.000 personnes se sont rassemblées dans le centre scandant des slogans en faveur d’Öcalan, a constaté un correspondant de l’AFP.

La police qui n’a pas réagi dans un premier temps, a chargé la foule lorsque des manifestants lui ont lancé des pierres.

Plusieurs dizaines de personnes ont été placées en garde à vue.

Dans un incident séparé à Yüksekova, petite ville reculée du sud-est proche des frontières irakienne et iranienne, la police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour disperser une foule de plusieurs milliers de personnes qui ont érigé des barricades sur la principale artère et incendié des pneus, a rapporté l’agence de presse Anatolie.

La police a procédé à une vingtaine d’interpellations, selon l’agence.

L’explosion d’un engin sur le bord de la route au moment des manifestations a blessé un homme de 28 ans, a indiqué l’agence, ajoutant qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer le type de l’explosif utilisé.

Les magasins n’ont pas ouvert samedi dans la ville, ajoute l’agence.

Déjà vendredi soir des heurts avaient éclaté à Istanbul et dans d’autres villes turques entre manifestants kurdes et police.

A Ümraniye, quartier populaire de la rive asiatique de la métropole, un groupe s’est heurté aux forces de l’ordre qui ont finalement dispersé les manifestants à l’aide de canons à eau, selon Anatolie.

Des inconnus ont aussi lancé des cocktails molotovs contre un centre commercial du quartier de Küçükçekmece, également dans le secteur asiatique de la ville, causant des dégâts matériels.

Les avocats du leader du PKK affirment que leur client a été récemment maltraité par ses gardiens à l’île-prison d’Imrali (nord-ouest) où il est le seul détenu depuis 1999. Öcalan a été "poussé assez brutalement" par un gardien et "menacé de mort", selon eux.

A chaque fois que des informations sur l’incarcération d’Öcalan, condamné à vie pour la rébellion séparatiste du PKK, sont rapportées par ses défenseurs qui lui rendent régulièrement visite, des manifestations sporadiques qui dégénèrent souvent en heurts avec la police sont organisées dans les villes
turques où vivent des communautés Kurdes.

Ainsi, à Mersin (sud), Sanliurfa (sud-est), Van (est) et Varto (est), des manifestations avec pour la plupart la participation de jeunes, ont été réprimées par la police, a indiqué l’agence pro-kurde Firat. Plusieurs voitures ont été incendiées dans la nuit à Sanliurfa.

Pour la deuxième journée consécutive dimanche des rassemblements pro-Öcalan ont été organisés dans plusieurs villes.

A Siirt (est), la police est violemment intervenue pour disperser quelque 500 manifestants, a-t-on indiqué de source de sécurité locale.

Deux manifestants ont été blessés dans les heurts. 15 autres ont été placés en garde à vue, a-t-on précisé de même source.

Une manifestation similaire à Sanliurfa (sud-est) a également été dispersée par la police anti-émeutes.

Dans la nuit de vendredi et la journée de samedi, plusieurs manifestations de sympathisants du chef séparatiste ont dégénéré en bataille rangée avec la police.

Une personne a été blessée par l’explosion d’un engin dans une petite ville du sud-est et une trentaine de personnes ont été interpellées lors de différentes manifestations réprimées par les forces de l’ordre.

Öcalan a été arrêté le 15 février 1999 au Kenya. Condamné à mort, sa peine a été commuée en prison à vie en 2002 après l’abolition de la peine capitale en Turquie. (AFP, 18-19 oct 2008)
http://www.info-turk.be/362.htm#Manifestations

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