Hasan Çiçek, qui en 1994 a été emmené de son domicile à Dersim par des soldats de la brigade de commando de Bolu afin de " servir de guide dans des opérations militaires " et dont le corps a été retrouvé calciné, aurait servi à des fins de manipulations. On vient de découvrir que cette photo de corps calciné a été utilisée par la Turquie dans le procès belge du leader du DHKP-C Dursun Karatas, de Fehriye Erdal et de Musa Asoglu et qu’elle aurait servi de prétendue " preuve attestant du caractère criminel de l’organisation ".

Un mensonge international pris en flagrant délit
La photo du corps carbonisé de Hasan Ciçek que des soldats liés à la brigade de commando de Bolu ont arrêté en 1994 afin qu’il " serve de guide dans des opérations militaires " est apparue en Belgique, dans le procès où le dirigeant du DHKP-C Dursun Karatas, Fehriye Erdal et Musa Asoglu sont jugés. L’Etat turc a décrit cette photo comme " une preuve du caractère criminel de l’organisation (DHKP-C) ".

Les avocats belges de la Turquie et le procureur belge ont soumis cette photo aux juges en faisant croire que " l’organisation commet des crimes horribles comme celui-ci ". Or, il s’agit d’une photo de Hasan Ciçek. Il avait été emmené le 5 octobre 1994 par les soldats de la Brigade de commando de Bolu. L’avocat de Musa Asoglu, Maître Taylan Tanay a confirmé que le gouvernement turc a transmis cette photo à la Cour en 2006 pour prouver que " l’organisation est crapuleuse ". Maître Tanay a ajouté que cette photo était celle du citoyen dénommé Hasan Ciçek, qu’il avait été tué à l’époque des dépeuplements des villages de Dersim et que son corps avait été brûlé.

Cette photo est celle de mon client
L’avocat de Hasan Ciçek, Maître Hüseyin Aygün a lui aussi confirmé que la photo est bien celle de son client : " Mon client a été arrêté à son domicile en 1994 par les militaires pour leur " servir de guide ". D’après son épouse et des témoins, des bruits de balles auraient retenti depuis l’endroit où M. Ciçek aurait été emmené. Après quarante jours de battue, son épouse Zeynep Çiçek et les villageois retrouvent son corps calciné. Les villageois et la famille Çiçek " sont sûrs qu’il s’agit bien du corps de Hasan Çiçek ". Maître Aygün souligne qu’à l’époque de la découverte du corps, le procureur de Hozat avait refusé d’effectuer une analyse ADN du corps. Et d’ajouter : " A l’époque, le procureur s’est contenté de faire une autopsie et d’après son expertise, la taille et l’ossature du corps retrouvé ne correspondaient pas à celles de Hasan Çiçek. Il faut admettre que vu l’état du corps, on ne peut obtenir de résultats fiables. Le procureur fit ensuite inhumer le corps dans un cimetière public. Le corps qui apparaît dans la photo appartient sans aucun doute à Hasan Çiçek, mon client. "

Rüstü DEMIRKAYA
Günlük Gazetesi
Le 3 mars 2009

 

X
F
E
E
D

B
A
C
K