Le 28 décembre dernier 35 villageois kurdes ont été tués par les raids aériens de l’armée turque, sur la frontière entre le Kurdistan de Turquie et la région autonome du Kurdistan irakienne. Selon des témoins, quatre avions de chasse du type F-16 ont bombardé  ces villageois, parmi lesquels figurent des enfants et des jeunes, âgés 12 à 18 ans.
Il faut souligner que ce raid est intervenu quelques heures après la réunion du Conseil de Sécurité Nationale, tenue le même jour à Ankara. Dans de ce genre de réunion on discute la politique concernant les mesures à prendre contre la lutte de la liberté pour les Kurdes.

Ce massacre peut être une nouvelle ère dans la conduite de la politique turque en ce qui concerne les Kurdes. Ainsi, cela peut être un départ du commencement d’un nouvel épisode des opérations meurtrières déclenchées par le gouvernement et son armée. Sous ce nouveau régime des milliers de politiques et intellectuels kurdes, parmi lesquels se trouvent aussi des journalistes, passent leur temps derrière les barreaux des prisons, simplement pour avoir revendiqué les droits et les libertés du peuple kurde.

Aujourd’hui la plupart des médias écrits et audio-visuels turcs est sous le contrôle du régime. C’est pourquoi, les médias turcs ont essayé d’éviter de parler de ce massacre, pendant toute la journée du 28 décembre. Avec cette force médiatique, le gouvernement d’AKP compte de briser toute sorte de lutte pour la reconnaissance des droits du peuple kurde. La politique du régime fait ignorer toutes sortes de violations des droits de l’homme, pas seulement au Kurdistan, mais aussi par tout en Turquie.

Malheureusement, malgré cette situation bien claire, le gouvernement d’AKP continue à donner des leçons de démocratie aux pays arabes, en leur demandant d’engager des réformes démocratiques et  mettre fin à la répression menée contre leur population. Vu la situation en Turquie et au Kurdistan, est-ce que ceci n’est pas une hypocrisie étatique ?

Contre cette répression de l’état turc, les dirigeants des pays occidentaux insistent toujours à garder leur silence. Est-ce qu’il n’est pas urgent et important de réagir vite, aux niveaux internationaux, afin de mettre fin à cette situation dans laquelle se trouvent les Kurdes ?

Il est le temps pour les dirigeants européens de ne rester plus comme complices d’Ankara, il faut qu’ils prennent de positions fermes dans toutes les instances contre les violations des droits de l’homme commis en Turquie et au Kurdistan. Avec cette réalité, comment est ce que la Turquie peut être traitée comme un pays candidat à l’Union européenne ? Comment l’UE peut continuer à négocier le sujet d’adhésion de la Turquie ? Cette position de l’UE encourage les dirigeants turcs de pousser le pays dans le chaos. Est-ce que l’intervenir sur le débat démocratique en Turquie n’est pas une obligation de l’UE, à partir du moment où cette dernière a mis à son agenda le sujet de l’adhésion de la Turquie dans l’Union ?

Selon les chiffres des organisations de défense des droits de l’homme, depuis 2009, plus de 7700 personnes ont été mises en garde à vue au prétendu motif qu’elles auraient été membres du KCK (Union des Communautés du Kurdistan).

Il est bien claire que la Turquie a déclaré une « guerre totale » au peuple kurde et ceci dans un silence international. Les arrestations des dirigeants kurdes se multiplient chaque jour. Aujourd’hui il y a des milliers de membres du BDP qui passent leur temps derrière les barreaux. Le but de cette répression de l’état turc est bien net ; briser la lutte du peuple kurde et empêcher la reconnaissance des droits politiques, sociaux et culturels de ce peuple. Donc, il est très urgent désormais de dénoncer ce caractère arbitraire et autoritaire de la manière dont le gouvernement turc gère la question kurde.

Je viens de savoir que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) vient de demander des explications à Ankara concernant les dernières arrestations des journalistes. C’est une bonne nouvelle venant d’une instance internationale. Dans ces arrestations dénoncées par l’OSCE plus de 50 journalistes ont été arrêtés, surtout dans le dossier visant les milieux kurdes. Selon l’Association turque des Droits de l’Homme, en tous 71 journalistes sont actuellement détenus en Turquie.

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