Samedi les commerçants ont fermés les rideaux de fer de leur commerce en protestation contre la visite du Premier Ministre Erdogan dans la ville de Van. Les forces policières et militaires ont pris de grandes mesures de sécurité dans le centre de la ville. Malgré cela, il y a eu beaucoup de protestations dans diverses endroits de la ville. Pendant les protestations les forces de l’ordre ont attaqué la population. Des dizaines de personnes ont été blessése dont 2 lourdement.

Depuis des jours les ONG et les citoyens de Van qualifiaient l’arrivée d’Erdogan dans leur ville comme une provocation.

Les Kurdes sont de plus de plus mécontents de l’intensification des opérations de l’armée contre les rebelles kurdes et des mauvais traitements que subit selon eux dans sa prison le leader de la rébellion, Abdullah Öcalan, condamné à la détention perpétuelle.

Les protestataires ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction de la police, refusant de se disperser, selon des images de la télévision.

La police a procédé à des tirs de semonce en l’air et utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants, qui se sont mis à courir dans les rues. Un policier et un civil ont été blessés et plusieurs manifestants ont été interpellés.

Sept véhicules ont été incendiés au cours de ces violences, qui se déroulaient à 150 mètres de l’endroit où M. Erdogan prononçait un discours pour l’inauguration d’un ensemble de logements financé par le gouvernement, devant une foule de partisans qui agitaient des drapeaux turcs.

"Je visite et je visiterai chaque centimètre de ce pays", a ensuite assuré le Premier ministre à la télévision.

Erdogan a accusé les rebelles du PKK d’être à l’origine des troubles. Selon lui, les rebelles considèrent les investissements du gouvernement dans cette région pauvre comme une menace pour le soutien de la population locale à leur cause.

Par ailleurs, une explosion, probablement d’origine criminelle, s’est produite à Hakkari, ville du sud-est qui est l’un des foyers de la rébellion kurde et dans laquelle Erdogan doit aussi se rendre dimanche.

L’explosion a eu lieu dans les locaux du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan, où elle a provoqué d’importants dégâts. Deux personnes ont été blessées, selon une source sécuritaire.

Dimanche, les affrontements ont débuté quand quelque 3.000 manifestants ont tenté d’organiser une marche dans la ville de Yuksekova, ignorant les ordres de dispersion de la police, a indiqué à l’AFP une source de sécurité locale.

Les policiers anti-émeutes ont tiré en l’air et fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau contre les protestataires, qui lançaient des pierres sur les forces de l’ordre, selon cette source.

Ces violences ont éclaté alors que M. Erdogan plaidait pour l’unité du pays lors de l’inauguration d’un hôpital à Yuksekova. "Protégeons notre paix et soyons unis. Si nous accroissons notre solidarité, nous accroîtrons aussi notre développement", a-t-il dit.

Il a souligné que son gouvernement allait poursuivre les changements pour obtenir l’intégration de la Turquie à l’Union européenne, qui se sont traduits par des libertés culturelles accrues pour les Kurdes.

Par ailleurs, le bureau du gouverneur de la région a annoncé que des troupes paramilitaires avaient saisi une grande quantité d’explosifs et d’armes, dont 20 kilos de TNT et 20 grenades, dans un village situé à 60 kilomètre au sud de Yuksekova.

Selon le bureau du gouverneur, qui n’a pas précisé la date de la saisie, cet arsenal aurait dû être utilisé par des rebelles kurdes qui comptaient attaquer les forces de sécurité et les civils dimanche.

Après Yuksekova, M. Erdogan s’est rendu dans la ville voisine d’Hakkari pour y rencontrer des responsables locaux et participer à une réunion de son parti.

Dans cette ville, des manifestants ont jeté des pierres sur un convoi d’officiels du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, et de journalistes, sans faire de blessés. Le Premier ministre est arrivé en hélicoptère.

La police a aussi réprimé de petites manifestations en ville, où les boutiques ont gardé porte close, une façon traditionnelle pour les Kurdes de protester contre le gouvernement.

A Istanbul, des membres du DTP ont tenté de faire un sit-in dans le quartier central de Beyoglu mais la police a fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser et a procédé à 27 interpellations, selon un photographe de l’AFP. (AFP, 1-2 nov 2008)
http://www.info-turk.be/363.htm#Protestations

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