Hatip Dicle, qui est actuellement en détention préventive pour une autre affaire, devait sortir de prison en raison de son élection au parlement dans la circonscription de Diyarbakir (est), la plus grande ville de cette région à majorité kurde. Cette élection devait en effet lui octroyer une immunité parlementaire.

Mais le Haut conseil des élections a décidé mardi soir que M. Dicle n’était pas éligible, arguant d’une condamnation à 20 mois de prison pour des propos relevant de la loi antiterroriste.

La décision a été justifiée par le fait que la condamnation avait été maintenue par la Cour d’appel seulement quatre jours avant les élections, après la confirmation des listes de candidats pour le scrutin.

Hatip Dicle avait été condamné pour un discours qualifié de "propagande pour une organisation terroriste armée", référence au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée contre l’autorité centrale depuis 1984.

M. Dicle faisait partie des 36 candidats qui ont été élus en qualité d’indépendants, mais avec le soutien du parti pro-kurde BDP (Parti de la paix et de la démocratie).

Hatip Dicle, 57 ans, avait fait partie des premiers nationalistes kurdes à enlever un siège au parlement, en 1991.

Ces députés avaient été arrêtés en 1994 après l’interdiction de leur parti pour liens avec le PKK, passant 10 ans en prison. Parmi eux se trouvait Leyla Zana, la pasionaria kurde, qui a également été élue le 12 juin.

Hatip Dicle est retourné en prison en 2010, dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées branches urbaines du PKK. (AFP, 22 juin 2011)

2) Pétition: "Oui à une solution politique à la question kurde en Turquie"

Les Kurdes viennent de remporter un succès sans conteste aux élections législatives qui se sont déroulées le 12 juin dernier en Turquie. Ils ont montré par là même leur détermination pour obtenir les droits que tout peuple au Monde demande légitimement : droits politiques, droits culturels, droits à l’éducation en langue maternelle.
En réponse à ces revendications, nombre de leurs élus, politiques et associatifs, nombre de leurs militants sont interpellés : 3 000 d’entre eux sont aujourd’hui en détention dans les prisons turques.
Un changement de politique s’impose. Une nouvelle constitution doit en être le garant. L’ouverture de négociation entre les parties est impérative. La France, l’Union européenne, ont les moyens de convaincre leur allié turc. Or on poursuit des militants kurdes, des responsables kurdes, non seulement en Turquie, mais aussi en France et en Europe.
Nous lançons une pétition pour demander à la France et à l’Union européenne de ne plus sacrifier les droits des Kurdes sur l’autel de leurs intérêts économiques et géostratégiques.
Emmenée par une liste de premiers signataires – des personnalités, des organisations politiques et associatives – cette pétition demande à la France et à l’Union européenne de ne plus encourager la politique belliciste de la Turquie et de faire les gestes nécessaires pour exiger du gouvernement turc qu’il apporte une réponse positive aux revendications légitimes du peuple kurde.
Le texte de la pétition
Alors que les élections législatives en Turquie confirment le soutien massif de la population kurde au bloc "Travail, Démocratie, Liberté" en faisant entrer à la Grande Assemblée de Turquie, 36 députés (21 dans la précédente législature) du parti pro-kurde BDP, on incarcère, on condamne des militants kurdes, des responsables kurdes sous le prétexte fallacieux "d’organisation de malfaiteurs en relation avec une organisation terroriste".

On condamne des militants kurdes, des responsables kurdes, non seulement en Turquie, mais aussi en France.

Nous ne pouvons accepter que des militants représentant ce fort mouvement populaire soient poursuivis sur notre sol pour des motifs politiques. Nous exigeons la libération de toutes les personnes incarcérées et l’abandon de toutes les poursuites engagées.

Rappelons que la question kurde ne pourra se régler, en Turquie, sans l’arrêt des opérations militaires, sans une amnistie générale, sans de vraies réformes économiques et sociales, sans garantie pour les libertés individuelles et collectives, sans une nouvelle constitution pluraliste et démocratique et sans l’ouverture de négociations visant à la reconnaissance, par la Turquie, des droits légitimes du peuple kurde : droits politiques, droits culturels, droits à l’éducation en langue maternelle.

Exigeons de la France et de l’Union européenne :

• qu’elles s’abstiennent de réactiver le cycle de la violence et de la guerre en encourageant la politique belliciste de la Turquie.

• qu’elles favorisent une solution politique permettant de répondre aux revendications légitimes du peuple kurde en appuyant toute initiative en faveur de la paix et en proposant en particulier un cadre de négociation pour un cessez-le-feu immédiat.

• qu’elles soient attentives à la protection des défenseurs des droits humains.
Signez massivement la pétition "Oui à une solution politique à la question kurde en Turquie" qui se trouve sur
http://www.petitions24.net/oui_a_une_solution_politique_a_la_question_kurde_en_turquie

http://www.info-turk.be/

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