Malgré 50% des voix, l’AKP n’a pas pu augmenter ses députés, le nombre de ses sièges a baissé de 337 à 326. Comme AKP a promis, lors de la campagne électorale, de mener à bien son projet de changer la constitution, il ne pourra pas le réaliser avec ce nombre des sièges à l’Assemblé Nationale, alors il est obligé de négocier avec l’opposition. Mais, d’après ce que je voie maintenant, ce parti n’a pas de portes ouvertes pour dialoguer avec les partis à l’opposition. Donc, le tableau que nous voyons actuellement démente les premiers messages de Recep Tayip Erdogan qui disait ; "Nous ne fermerons pas nos portes, nous irons vers l’opposition".

Hatip Dicle est privé de son siège de député

L’Etat Turc, avec ses institutions, cherche toujours à créer des obstacles contre la volonté du peuple kurde. Après les élections, malgré 85 milles d’électeurs qui ont voté pour Hatip Dicle, le Haut Conseil électorale de Turquie (YSK) a refusé les son statut de député. Cette décision de YSK est en même temps contre la volonté démocratique des 85 milles électeurs kurdes de Diyarbakir, ceux qui ont voté personnellement pour  Hatip Dicle. Malgré que le droit turc permet aux personnes détenues d’être éligibles et de bénéficier de l’immunité en cas d’élection, les tribunaux, sous influence du gouvernement, ont refusé de libérer les 5 autres députés kurdes et 3 autres (2 de CHP et 1 de MHP). Donc, pour le moment, ces 9 nouveaux députés ne peuvent pas participer aux travaux de l’Assemblé Nationale de Turquie.

Hatip Dicle, qui est âgé de 57 ans, avait fait partie des premiers députés kurdes, revendiquant ouvertement les droits démocratiques du peuple kurde, à enlever un siège au parlement turc, en 1991. Maintenant, il fait partie des 36 députés en qualité d’indépendants, soutenus par le bloque du Travail, de la Liberté et de la Démocratie. Il faut souligner que Hatip Dicle a été arrêté en 1994 après l’interdiction de son parti (DEP) et il a passé 10 ans en prison. Il est retourné en prison en 2010 a cause de ces idées en faveurs d’une solution politique et démocratique pour la question kurde.

Après les élections du 12 Juin, la question kurde est toujours sur la seine politique turque. Si l’Etat turc ne fait pas de progrès vers une solution politique à la question kurde, et notamment à la question des députés emprisonnés, il y a un vrai risque d’une guerre totale.

Malgré 50% de voix, AKP est obligé de chercher un consensus

Avant tout, il faut souligner que, si le gouvernement d’AKP veut la stabilité du pays, il devrait se rendre compte et ne jamais oublier qu’il y a aussi 50 % en dehors des électeurs qui ont voté pour lui. En dépit de sa large victoire, ce parti n’a pas pu avoir la majorité des deux tiers (367) des députés afin de pouvoir réviser la Constitution par voie parlementaire. Avec 326 sièges à l’Assemblé Nationale, AKP ne profite donc pas de sa progression en voix.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan avait demandé aux électeurs de lui faire gagner 367 députés pour éviter d’avoir à recourir au référendum. Après les élections, depuis le siège de son parti, il a déclaré notamment : « Notre peuple nous a demandé de faire une nouvelle Constitution. Et il nous a adressé un message qui nous demande d’élaborer cette Constitution par la voie du consensus et de la négociation. Donc, nous allons débattre de cette nouvelle Constitution avec les partis d’opposition, avec les organisations de la société civile et des universitaires ». Mais, la situation des 9 députés détenus démente ces paroles d’Erdogan.

Les nouveaux députés kurdes ont pris la décision de boycotter le parlement turc TBMM

Pour protester contre la décision concernant rejet du statut de Hatip Dicle et la détention des 5 autres députés kurdes, les députés  élus en qualités d’indépendants ont pris la décision de boycotter l’Assemblé Nationale de Turquie. Selon la déclaration faite par le BDP, ils ne vont pas  au Parlement tant que le gouvernement et le Parlement n’auront pas pris de mesures concrètes pour remédier à cette injustice et offrir des opportunités pour une résolution en ouvrant la voie à des politiques démocratiques.

La principale force kurde constituée du BDP, HAK-PAR et KADEP, avec le soutien aussi de la Gauche Turque, a remporté 6,3% des votes et 36 sièges. Donc, si une solution est trouvée pour la situation des 6 députés kurdes, cette force pourra jouer un rôle crucial en faveur de la démocratisation du pays, ainsi qu’en faveur de la résolution de la question kurde.

01.07.2011
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