Rojava

Kurdistan de l’ouest / Kurdistan syrien
C’est au nord de la Syrie que se situe le Rojava (« ouest »). Ici, les Kurdes et leurs compatriotes d’origines ethnico-religieuses diverses ont construit une nouvelle société démocratique, la « Fédération démocratique de Syrie du Nord ». Celle-ci est fondée sur un nouveau contrat social/modèle politique.

Suite à l’occupation par la Turquie de l’enclave d’Afrin au nord-ouest de Rojava début 2018, le nom de ce qui reste de la région fut changé en « Administration autonome de Syrie du Nord et de l’Est ».

On estime à 2-3 millions le nombre de Kurdes vivant en Syrie. Ici aussi, il s’agit d’une population discriminée qui a fait face, des décennies durant, à l’assimilation forcée, au bannissement de sa langue et de sa culture et à une politique d’arabisation méticuleuse, particulièrement au sein des régions kurdes pétrolifères et fertiles du nord du pays.

Lorsque la guerre civile éclata en 2011, les dirigeants politiques du Parti de l’Union démocratique (PYD), le principal parti kurde de Syrie, décidèrent de maintenir les régions kurdes hors du conflit. Le Président Assad retira alors la plupart de ses troupes du nord et le PYD profita de cet espace libre pour instaurer au Rojava un nouveau modèle sociétal, celui du confédéralisme démocratique. Modèle théorisé par Abdullah Öcalan, le leader idéologique du PKK, celui-ci repose sur des institutions réellement démocratiques mettant l’accent sur l’autonomie régionale, les droits des femmes, l’écologie et la cohabitation harmonieuse des peuples et des religions.

Ces idées disposèrent cependant de peu de temps pour être entièrement mises en œuvre car, dès 2014, les troupes djihadistes de l’État Islamique (EI) lancèrent l’offensive contre les régions kurdes d’Irak et de Syrie, recevant un appui minimal du régime turc qui approuva tacitement la capture des territoires kurdes de Syrie. Une purification ethnique pure et simple du peuple kurde fut évitée in extremis grâce à l’appui des États-Unis et du combat des Unités de protection du peuple kurde (YPG) et de ses milices féminines (YPJ) lors de la bataille pour Kobanê, dernier bastion kurde à résister à l’envahisseur.

Les YPG/YPJ s’allièrent alors e.a. aux tribus arabes et aux milices chrétiennes et yézidies pour établir les Forces démocratiques syriennes (SDF). Celles-ci parvinrent, sous assistance américaine et européenne, à regagner peu à peu le terrain conquis par les islamistes. Début 2019, le coup final fut porté au Califat par les Forces démocratiques syriennes d’un côté, et les troupes d’Assad de l’autre.

Entretemps, l’armée turque, alliée à d’autres milices djihadistes, avait ouvert un nouveau front de guerre. En août 2016, elle envahit la Syrie afin d’empêcher à la fois la libération par le SDF des territoires nord de l’État islamique et l’unification de la région par la « Fédération démocratique de Syrie du Nord ». Cette opération turque se poursuivit en janvier 2018 par l’annexion de l’enclave kurde d’Afrin (nord-ouest) et la purification ethnique qui y fut perpétrée. L’EI désormais vaincu, les USA organisent leur retrait de Syrie. De son côté, le président turc Erdoğan menace d’annexer le reste du Rojava.

La région a été sévèrement touchée, la reconstruction coûte cher et l’aide internationale est difficile à mettre en œuvre. Vous pouvez offrir votre soutien financier via notre campagne SOS Rojava & Shengal.

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