La Libre Belgique rapporte l’accusation grave du bourgmestre sortant Jean Demannez: “Kir est un menteur!”. Par contre, le même journal cite également les dires d’Emir Kir: “Compte tenu des résultats électoraux, il apparaît que la population souhaite que j’assure le leadership dans la commune.”
Après les élections du 14 octobre 2012, Emir Kir a organisé une série de manifestations dans les lieux publics de Saint-Josse pour justifier son “putsch” comme un choix démocratique des citoyens de Saint-Josse.

“Le leadership” d’Emir Kir est-il vraiment un choix démocratique de la population ten-noodoise ou un “putsch” fomenté avec le soutien du lobby turc?

Dans cette petite commune bruxelloise, le nombre d’inscrits est de 12.328 dont 9.674 ont voté valablement.

Malgré une campagne électorale soutenue par tous les moyens du lobby turc au sein de la communauté turque très sensible aux discours nationalistes, 1.916 votes nominatifs d’Emir Kir  correspondent à 19,81% des votes valables. Donc,  quatre électeurs ten-noodois sur 5 n’ont pas voté pour Emir Kir.

D’ailleurs, les votes de préférence pour Kir ne représentent que moins de la moitié (44,68%) des 4.288 électeurs ayant voté pour  la liste du bourgmestre (PS).

Malgré cela, une page est tournée dans la vie politique belge et la direction d’une commune bruxelloise a été entièrement conquise par le lobby turc avec l’aval de la direction du parti socialiste (PS).

Quant à sa prise de position controversée relative au génocide des Arméniens, lors de son premier interview à la RTBF en tant que nouveau bourgmestre, à 7h45 le 17 octobre 2012, en réponse à une question à ce sujet il a soigneusement évité de prononcer le mot de “génocide” et il s’est caché, à l’instar des dirigeants d’Ankara, derrière une réponse évasive: “Il appartient aux historiens de trancher la question et ils l’on fait. Cela a été reconnu par des instances nationales et internationales. Demande-t-on aux Américains ce qu’il est advenu des Indiens d’Amérique ?” (rtbf.be/info/regions)

Ci-après nous reproduisons les premiers articles de trois principaux quotidiens francophones:

Le Soir: Emir Kir réussit son « putsch »

Le dénouement a enfin eu lieu. Emir Kir devient le prochain bourgmestre de Saint-Josse. Il exercera son mandat à temps plein et quitte ainsi son poste de secrétaire d’Etat à la Région. Il devient le premier bourgmestre d’origine turque de la partie francophone du pays.

Tout a commencé dimanche soir. La liste PS obtient 44 % des suffrages et la majorité absolue. Emir Kir a obtenu 1.916 votes de préférence et Jean Demannez 1.215 voix. Le premier améliore son score de 2006, le second perd des électeurs.

 Même si un accord avait été signé avant les élections entre Jean Demannez et Emir Kir, devant le président de la fédération bruxelloise de PS Rudi Vervoort, Emir Kir décide de passer outre. Il ne veut plus, comme convenu, laisser Jean Demannez débuter le maïorat. Il veut le poste maintenant. Mais pas complètement. Il souhaiterait terminer son mandat comme secrétaire d’Etat à l’Urbanisme et à la Propreté et prendre ainsi un bourgmestre faisant fonction. Sûr de lui, il propose cela à Jean Demannez qui prend cela comme un camouflet. Il refuse, menace de faire exploser la section. « A ce moment, j’ai eu une proposition de Ecolo, du MR et du CDH pour aller dans l’opposition avec mes amis et créer une coalition alternative, explique Jean Demannez. Mais j’ai refusé, par loyauté. »

Finalement, les deux Tennoodois sont appelés chez Rudi Vervoort dès lundi. Le président souhaite calmer le jeu et impose à Emir Kir de choisir entre la Région et la commune. Le secrétaire d’Etat a besoin de réfléchir.

Mardi, ils sont de nouveau en réunion avec Rudi Vervoort. A 17h, Emir Kir se rend seul au Parlement bruxellois pour rencontrer son président. Il vient avec un acte de présentation signé par 15 des élus socialistes et les 5 du CDH. Seul Jean Demannez s’est abstenu.

Une heure plus tard, le verdict tombe. Emir Kir accepte la condition de Rudi Vervoort et devient bourgmestre. Il prêtera serment en décembre. « Le message des électeurs a été clair, commente Emir Kir. Ils ont souhaité que je prenne plus de responsabilités à la commune. Ce que j’ai fait en signant un accord de majorité avec le CDH et en décidant de devenir bourgmestre de plein exercice. J’ai pris mon temps parce que j’ai aimé mon travail à la Région. J’ai réussi à porter la réforme dans le domaine de la propreté. Cela n’a pas été facile et je me suis battu pour cela mais maintenant je vais m’engager à la commune. Cela a toujours été une passion pour moi. Mon score est assez exceptionnel et je prendrai très à cœur mon nouveau rôle. Je le fais avec le parfait soutien du PS. »

Jean Demannez, lui, ne s’attendait pas vraiment à ce scénario mais l’accepte. « Kir ne respecte pas l’accord qu’il a demandé. Je me pose la question de savoir si cela n’avait pas été organisé depuis longtemps pour que je me présente quand même comme tête de liste. Il était peut-être plus facile pour lui de mettre un blanc comme tête de liste afin de recueillir un maximum de voix. Certains électeurs n’auraient peut-être pas voté pour un Turc tête de liste. Enfin, je suis peut-être parano aussi. Je me demande surtout ce que cela va laisser comme trace dans la section socialiste de Saint-Josse. »

Jean Demannez n’envisage pas de siéger au conseil communal. Il pense se consacrer à la musique et il va s’atteler à sa prochaine campagne pour les élections régionales de 2014 enfin de trouver une porte de sortie honorable.

Une autre tâche attend à présent Rudi Vervoort. Il va devoir trouver un remplaçant à Emir Kir à la Région. Il devrait ainsi choisir une personnalité qu’il souhaitera mettre en avant pour les prochaines régionales.  (Le Soir, Vanessa Lhuillier, 17 octobre 2012)

DH: Emir Kir, au zénith de l’Astronomie
Un carton électoral suffit-il à la légitimité ? À force de tout vouloir, Kir a peut-être franchi la ligne… rouge. Tête basse, Demannez accuse
SAINT-JOSSE Un homme à terre et atterré, Jean Demannez, isolé mais écarté tel un vulgaire chiffon; et son successeur, paradant, Emir Kir, à l’ego aux anges de ce titre de premier bourgmestre belge d’origine allochtone. Hier, au bout d’un suspense de bac à sable, le Saint-Josse socialiste affichait une curieuse mine.
Son “putsch”, le leader de la communauté turque l’assume. Il a pour lui un acte de majorité signé par tout le PS local (moins Demannez) qu’appuie Eric Jassin (l’échevin CDH qui rempile) et ces fichues 1.900 voix et des broutilles de préférence. Loin, très loin des 1.200 votants du Premier Tennoodois en titre…
Rien n’a cependant coulé de source. Un : jusqu’à hier matin, un plan B parut tenir la route. Dame ! Kir fit signer les échevins Jabour, Ardiçlik et Namli. Contre promesse de responsabilités. Intenable, en fait. Or, cet acte de majorité aurait valsé à la poubelle si Kir n’avait pas lâché son poste régional. Et dans ce cas-là, la durissime opposition MR/Écolo aurait rué dans les brancards pour que ces signataires renversent la tendance.
Deux : pendant ce temps, au PS, en haut lieu, on s’échinait à faire respecter un accord voulu par Kir en juin 2011 (Demannez allait lui dérouler le tapis rouge en prenant le maïorat avant son avènement en 2014)… et jeté aux oubliettes par le même Kir, saoulé par ses 1.900 voix.
“Son attitude est suicidaire !”, commentent des observateurs avertis, à la lueur et de ce reniement et du choix final opéré de force. Logique ! Dans son empressement, le futur patron de la mini-localité du centre de Bruxelles s’est moqué comme d’une guigne de la pression de son parti, qui le poussait à respecter le contrat passé avec Demannez. Grillé au sein même de ses instances ? Pas exclu. En prime, au lieu de débarquer en vainqueur, en seigneur à l’horizon 2014, voilà cet amoureux de Messi affublé d’un maillot (taché) de “menteur”.
Ce n’est pas tout. Le scrutin l’a accaparé au-delà du tolérable. Demandez aux membres du gouvernement régional ce qu’ils pensent de ses absences répétées… Alors oui, Kir Ier est en marche. Mais à quel prix ! (La Dernière Heure, Christophe Bortels, 17 octobre 2012)
La Libre Belgique: Demannez: “Kir est un menteur”!
Le bourgmestre sortant Jean Demannez est choqué de ce qu’il vient de vivre au sein de sa propre liste: “Je trouve la manipulation de Kir malsaine, brutale et hypocrite.”
Le secrétaire d’Etat bruxellois socialiste Emir Kir, champion en voix de préférences à Saint-Josse Ten Noode, avait annoncé lundi la conclusion d’un accord de majorité avec le cdH dans cette commune centrale de Bruxelles. Très sûr de lui, il revendiquait d’emblée le maïorat dont il s’est dit prêt à laisser “l’exercice” au bourgmestre sortant Jean Demannez, tête de liste, le temps d’achever son mandat à la Région bruxelloise. Un accord prévoyait de prolonger le mandat de Jean Demannez de 3 ans, avant de passer le flambeau.
Ce mardi et suite à deux rencontres pendant lesquelles le président des socialistes bruxellois Rudi Vervoort jouait le rôle de médiateur, Emir Kir est ressorti en affirmant “être bourgmestre de Saint-Josse avec l’aval de Rudi Vervoort et renoncer à son mandat de secrétaire d’Etat régional”. Il quittera, par ailleurs, le gouvernement bruxellois d’ici quelques semaines.
“Compte tenu des résultats électoraux, il apparaît que la population souhaite que j’assure le leadership dans la commune. J’ai proposé à Jean Demannez de me remplacer durant 18 mois. Il a refusé”, a affirmé Emir Kir dès dimanche soir. “Il est normal que ma griffe soit présente. Je prends acte de son refus. Je prendrai mes responsabilités autrement”, avait-t-il ajouté sans autre précision.
Jean Demmanez s’est senti trahi par son colistier.
Jean Demmanez n’a pas caché son amertume en quittant le Parlement bruxellois, lieu de la rencontre, qualifiant Emir Kir de “menteur”, notamment pour ne pas avoir respecté son engagement de laisser Jean Demannez aux commandes de la commune durant la première partie de la législature.
Sur Bel-RTL, il a même rajouté: “Kir a menacé tous les gens de la liste pour obtenir leur soutien signé. Je n’ai jamais vu ça de ma vie, c’est un menteur et un homme à la limite du dangereux”. “Personnellement, je pars la tête haute dans la mesure où j’ai refusé de me soumettre aux propositions de Kir, mais aussi 2 propositions d’Ecolo, cdH, MR de créer une majorité alternative en me retirant de la liste socialiste”.
A LaLibre.be, Demannez précise que certains de ceux qui ont signé sous la menace (non physique), le regrettent déjà.
“Il a des positions extrêmes en lui, ce qui m’inquiète pour l’avenir de la paix communautaire à Saint-Josse où Turcs et Marocains doivent cohabiter dans le respect, comme depuis 40 ans. Je trouve la manipulation de Kir malsaine, brutale et hypocrite. Il est allé voir le cdH en prétendant que j’étais informé de cette démarche… Ce n’est pas ce qu’on peut appeler un gentil bonhomme.”
Et le PS dans tout cela?
“Il m’a soutenu, mais les sections locales sont fort autonomes, l’action du parti est donc limitée.”
Si, comme vous l’affirmez, il représente un danger pour Saint-Josse et qu’il ment… pourquoi ne pas entrer dans une coalition alternative?
“Je suis au PS depuis 1971, si j’étais dégoûté de mon parti, j’arrêterais la politique, mais je ne changerais pas de parti. Je ne vais certainement pas terminer ma carrière en étant le traître qui quitte son parti pour rester bourgmestre à tout prix et dans des conditions effroyables! Gérer la commune en tant que traître, jamais! D’autant que je ne partage pas les lignes politiques des autres partis. Je suis socialiste et peux encore apporter mon expérience communale là où c’est nécessaire.”
Pour Rudi Vervoort, qui a joué les médiateurs, Emir Kir devait en tout cas faire un choix à l’image de celui auquel a été confronté Paul Magnette au gouvernement fédéral, entre l’exercice du mandat de secrétaire d’Etat à la Région bruxelloise, et celui de bourgmestre. (La Libre Belgique, Rédaction Web, 16 octobre 2012)
http://www.info-turk.be/410.htm#Saint

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