Une famille entière a péri au cours de ces attaques. D’autre part, depuis un mois, la république islamiste d’Iran a entamé une offensive terrestre sur ce même Kurdistan irakien au cours de laquelle de nombreux habitants ont été tués ou blessés et un grand nombre de villageois n’ont trouvé de salut que dans la fuite.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que le peuple kurde du nord de l’Irak est victime d’agressions militaires brutales et meurtrières. Sous le régime de Saddam Hussein, il a connu une longue série de massacres et c’est l’offensive des USA qui a permis aux Kurdes d’obtenir leur autonomie, mais les Américains, actuellement, participent de façon active à l’agression en mettant à la disposition de la Turquie sa technologie du renseignement. Cet appui est la contrepartie de l’aide accordée par  l’État turc aux populations réfugiées et ce dans le cadre du conflit en Syrie contre le régime d’Assad.

L’État turc a, une de fois de plus, démontré par cette offensive qu’il ne recherche pas de solution dans la toujours actuelle « question kurde », alors que cela est et reste une condition impérative pour que la Turquie puisse devenir un membre à part entière de l’Union européenne. Celle-ci doit d’ailleurs prendre ses responsabilités et mettre tout en œuvre pour stopper ces atrocités et ainsi prévenir une nouvelle guerre au Moyen Orient. La solution de la « question kurde » ne se fera pas sous les bombes mais uniquement par la reconnaissance pleine et entière des droits politiques, culturels et linguistiques des Kurdes et des autres minorités. C’est aussi le cas pour le régime iranien qui additionne actuellement ses crimes contre la population kurde sur son territoire.

Les Kurdes sont couramment présentés comme des terroristes alors que leurs demandes pressantes devraient paraître évidentes aux yeux des Occidentaux. Encore actuellement, les Kurdes de Turquie sont présentés comme des séparatistes alors que depuis plus de dix ans, ils ne réclament plus la création d’un État kurde autonome mais seulement l’existence d’un enseignement dans leur langue maternelle, plus d’autonomie pour les autorités locales et une constitution démocratique pour  toutes les populations en Turquie. C’est ce qui est exigé dans le cadre du droit des minorités.

Que l’action contre les Kurdes puisse s’effectuer avec l’approbation et l’appui de l’Occident alors qu’il soutient les révoltes populaires en Libye et en Syrie pose question. Nous attendons de la communauté internationale et surtout de l’U.E. qu’elle condamne fermement l’agression des Turcs et des Iraniens contre les populations kurdes. Nous espérons que les Kurdes pourront enfin compter sur leur appui dans leur lutte pour vivre en démocratie.

* Derwich M. Ferho, directeur de l’Institut kurde de Bruxelles.
23 août 2011

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